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Gaude-Ferragu, Murielle, Bruno Laurioux, et Jacques Paviot. La Cour du Prince: Cour de France, cours d'Europe, XIIe-XVe siècle. Paris: Champion, 2011. Pp. 658.
Ce gros volume, dirigé par trois historiens spécialistes des cours à la fin du Moyen Age, est issu d'un colloque qui a eu lieu en 2008 et qui a réuni outre des historiens, des spécialistes de l'art et de la littérature. Il a pour ambition d'élargir les études sur la cour qui, chez les historiens en tout cas, ont eu tendance à se concentrer sur la cour de Bourgogne à la fin du Moyen Âge. Les limites chronologiques sont donc larges, du Xüe au XVe siècle, et l'espace considéré également: si la cour de France est au centre de l'intérêt, sont aussi évoquées les cours d'Italie, de Savoie, du Hainaut, des Angevins, et la cour papale. Cette diversité permet de voir se dessiner des parallèles et des différences, et met aussi en évidence les relations qu'entretenaient de fait les grandes cours européennes, ainsi que les jeux d'influence qui s'exercent entre elles. Elle aide également à évaluer et peut-être à relativiser la distinction entre cours royales et cours de "moindre" noblesse.
La dimension interdisciplinaire de l'ouvrage en est un autre élément appréciable: les études historiques éclairent et sont éclairées en retour par l'analyse de textes littéraires (chroniques ou romans). Peutêtre faut-il regretter que la part réservée à la littérature reste toutefois réduite (quatre études seulement), alors que la cour est au coeur d'une bonne partie de la littérature médiévale (comme l'atteste l'existence de la Société Internationale de Littérature Courtoise). Il est vrai que la précision "Cour de France" dans le sous-titre excluait la cour arthurienne et l'imaginaire courtois qui s'est développé autour du personnage. Mais de nombreux romans, par exemple Jean de Saintré d'Antoine de la Sale, évoquent la cour de France et il aurait été d'autant plus intéressant de consacrer un article à ce roman, vu qu'Antoine de la Sale, en...





