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Cet article revisite la question des cycles dans la théorie marxiste à partir des indications méthodologiques de Marx dans le livre 1 du Capital. Il expose les propriétés d'un modèle dynamique non linéaire d'accumulation du capital analysant les interactions du taux d'emploi, du taux de plus-value et de la composition du capital. Un régime d'accumulation extensive génère des fluctuations endogènes. Un régime mixte d'accumulation extensive et intensive est marqué par des cycles longs de l'emploi, de la plus-value et du taux de profit alors que l'intensité capitalistique connaît des phases de stagnation et de hausse.
Capital accumulation cycles in the Marxist theory
This paper reviews the question of cycles in the Marxist theory from the methodological indications given by Marx in the first book of the Capital. It expounds on the properties of a nonlinear dynamic model of accumulation of capital which analyses the interactions between the rate of employment, the rate of surplus value and the composition of capital. An extensive accumulation regime generates endogenous fluctuations. A mixed regime of extensive and intensive accumulation is marked by long waves of employment, surplus value and the rate of profit while capital intensity goes through phases of stagnation and rising.
Mots clefs : Cycles, économie marxiste, systèmes dynamiques non linéaires.
Keywords: Cycles, Marxian macroeconomics, nonlinear dynamical systems.
JEL classification: B51, C61, Ell, E32
(ProQuest: ... denotes formulae omitted.)
Introduction
L'oeuvre économique de Marx est parsemée de considérations sur le cycle capitaliste, mais elle n'en livre pas une théorie aboutie. Les économistes marxistes ont surtout voulu dégager une explication mono-causale des crises économiques à partir des matériaux disséminés dans Le Capital sans parvenir à une synthèse qui fasse l'unanimité. Outre que les partisans des crises de réalisation et les tenants de la baisse du taux de profit s'opposent radicalement sur les causes structurelles de celles-ci, ces deux écoles ont échoué à situer le moment nécessaire de la crise dans la séquence du cycle complet. Les raisons qui expliquent cette lacune sont de nature différente : épistémologique et méthodologique.
L'erreur épistémologique tient à un mauvais positionnement théorique. En s'appuyant de préférence sur les livres 2 et 3 du Capital, les racines essentielles des cycles sont ignorées. C'est en effet dans le livre 1, après avoir exposé la...





