Content area
Full text
Cette étude vise à établir des estimations normatives d'imagerie et de fréquence subjective pour un échantillon de 1 760 mots monosyllabiques de la langue française et, ainsi, à enrichir les données disponibles pour la recherche en science cognitive et sur le traitement langagier. Les résultats montrent un haut degré de fidélité interjuges, les coefficients de corrélation se chiffrant entre .93 et. 99 pour les estimations de fréquence subjective et les valeurs d'imagerie. La validité externe des données de la présente étude est évaluée en calculant des corrélations avec des données provenant d'études normatives similaires et ayant un nombre suffisant de mots en commun avec elle. Ces coefficients de corrélation se situent entre .73 et .88 pour les estimations de fréquence subjective et entre .64 et .97 pour les valeurs d'imagerie. La corrélation entre la fréquence subjective et la valeur d'imagerie dans la présente étude est significative et relativement forte (r = .64). La discussion porte sur la pertinence de ces résultats pour la sélection des stimuli expérimentaux en recherche.
Mots-clés : données normatives, normes de fréquence subjective, normes d'imagerie, mots français, mots monosyllabiques
Les chercheurs qui s'intéressent aux processus cognitifs liés au traitement du langage peuvent être appelés à sélectionner des items lexicaux. Ces items doivent typiquement répondre à des critères particuliers sur le plan de leur structure (par ex. le nombre de lettres, de phonèmes ou de syllabes), de leurs propriétés distributionnelles (par ex. leur fréquence d'occurrence dans la langue) ou de leurs propriétés sémantiques (par ex. leur valeur d'imagerie). Ces caractéristiques peuvent exercer une influence significative sur le traitement des mots et ils doivent donc être manipulés ou contrôlés rigoureusement lors de la préparation des listes de stimuli expérimentaux. Toutefois, plusieurs renseignements pertinents à la recherche sur le traitement langagier ne figurent pas dans les dictionnaires usuels. C'est le cas notamment de la valeur d'imagerie et de la fréquence d'occurrence subjective des mots, qui doivent être fournies par des juges. À cet égard, quelques études normatives rapportent des données fort utiles (par ex. Bonin et al, 2003; Denis, 1975; Desrochers & Bergeron, 2000; Flieller & Tournois, 1994; Hammoud,1984; Hogenraad & Orianne, 1981; Robin, 2006), mais le nombre de mots pour lesquels ces propriétés sont documentées reste encore modeste en français.
L'objectif de...





