Abstract: Questo articolo si occupa delle Vestali, vergini sacerdotesse consacrate alla dea Vesta, e della loro purezza e impurita. Queste vergini, dotate di uno specifico status giuridico e religioso, compivano riti di purificazione della citta. Inoltre, mediante la loro missione piu importante, cioe mantenere sempre acceso il fuoco sacro, assicuravano la sopravvivenza di Roma. Rappresentano il perfetto esempio delle virtu femminili romane: castita (castitas) e pudicizia (pudicitia). Quindi, queste sacerdotesse incarnavano sia la purezza morale che quella religiosa. Infatti, due crimini potevano essere commessi dalla Vestale, lo spegnimento del fuoco e il piu grave di essi, ovvero lincesto, la perdita della verginita. La Vestale diventava allora impura: era stata corrotta (corrupta), contaminata. La punizione per questo crimine era la morte e il contesto, in cui si compie, esprime il pericolo connesso a questo incestum. Cosi, lo scopo di questo articolo e quello di sottolineare limportanza della dicotomia puro-impuro nella costruzione e rappresentazione del culto di Vesta e soprattutto delle sue sacerdotesse.
This article deals with the Vestals, virgin priestesses consecrated to the goddess Vesta, and their purity and impurity. These virgins, endowed with a specific legal and religious status, carried out rites of purification of the city. Moreover, through their main mission, the maintenance of the sacred fire, they ensured the continuance of Rome. They represent the perfect example of Roman feminine virtues: chastity (castitas) and pudicity (pudicitia). So, these priestesses embodied both moral and religious purity. However, they can also symbolize impurity. Indeed, two crimes could be committed by the Vestal, fire-extinguishing and the most serious of them, the incestum, the loss of virginity. The Vestal then became impure: she had been corrupted (corrupta), polluted. The punishment of this crime was death and the context, in which it takes place, expresses the danger associated with this incestum. Thus, the aim of this paper is to emphasize the importance of the pure-impure dichotomy in the construction and representation of the cult of Vesta and especially of its priestesses.
Keywords: Vestali, castita, pudicizia, verginita, incesto, purificazione; vestal virgins, chastity, pudicity, virginity, crimen incesti, purification.
La notion de pureté est une notion inherente a la religion. Comme lexplique Émile Durkheim dans son célebre essai Les formes élémentaires de la vie religieuse, «une religion est un systéme solidaire de croyances et de pratiques relatives a des choses sacrées [...J»,1 oÛ existent «deux pôles contraires entre lesquels il y a la meme opposition quentre le pur et limpur, le saint et le sacrilege, le divin et le diabolique» et oÛ «le pur et limpur ne sont [.] pas deux genres séparés, mais deux varietés dun meme genre qui comprend toutes les choses sacrées».2 Cette vision de la religion et de la dichotomie du pur et de limpur se conçoit dans le cadre dune étude des Vestales, vierges sacrées et intouchables.3 La notion de pureté, mais aussi de souillure et de ses liens avec lordre est présente également dans lœuvre de Mary Douglas qui explique que «la réflexion sur la saleté implique la reflexion sur le rapport de lordre au désordre, de letre au non-etre, de la forme au manque de forme, de la vie a la mort».4 Elle ajoute que dans les religions primitives, le sacré peut etre a la fois sacré et souillé et renvoie ainsi au terme latin sacerd En effet, comme lexplique John Scheid, en sappuyant sur les paroles des deux juristes remains du Ier siede av. J.-C., Trébatius et Aelius Gallus, ce terme renvoie a une «qualité juridique», au domaine de la propriété divine: «est sacer "tout ce qui est considéré comme la propriété des dieux"» ou «tout ce qui a été consacré aux dieux suivant les coutumes et les prescriptions de la cité».6 Â Rome, se présentaient ainsi d'un côté les sacerdotes, donneurs de sacré, hommes et femmes consacrés ayant pour fonction «d'assurer aux dieux, au nom de la cité, la part de sacré -nourriture et prieres- qui leur revenait» et de l'autre, celui ayant fait l'objet d'une sacratio, une «consécration» selon une ancienne tradition, car coupable d'un manquement a ses devoirs religieux. Il devenait alors la propriété des divinités et s'ensuivait une exclusion de la cité.7 Pureté et pollution peuvent ainsi etre désignées par cette meme racine. Plusieurs études anglo-saxonnes traitent d'ailleurs, dans la lignée des travaux de Mary Douglas, de la notion de pollution a Rome et de ses rapports avec la religion et la vie politique: nous pouvons citer notamment l'ouvrage collectif édité en 2012 par Mark Bradley et Kenneth Stow sur Rome, Pollution and Propriety, ainsi que l'étude de Jack Lennon de 2014, Pollution and Religion in Ancient Rome.8 Et cette dualité, a Rome, est particulierement représentée par les Virgines Vestales.
Les Vestales sont les pretresses de la déesse Vesta, déesse du feu et du foyer, dont certains attribuent leur création au roi Numa.9 Ces pretresses au nombre de six,10 issues au commencement des plus hautes classes de la société romaine,11 étaient choisies jeunes, entre six et dix ans, pour un service aupres du culte de Vesta d'une durée de trente ans.12 Pour étre choisie, la jeune fille dévait remplir un certain nombre de conditions, énumérées par Aulu-Gelle dans ses Nuits Attiques, qui concernaient tant la perfection et l'entiereté physiques que sociales de la candidate13 et des qu'une jeune fille était choisie, son statut changeait completement. Elle sortait de la patria potestas, recevait privileges et obligations,14 dont les deux principales étaient garder le feu sacré et rester chaste.15 Ces pretresses faisaient donc l'objet a contrario de deux interdits: l'extinction du feu et la perte de sa virginité. En raison de ce statut, les Vestales étaient tres présentes lors des fetes et rites romains. Figures de pureté, actrices majeures dans les rites purificatoires, protectrices de Rome,16 les vierges de Vesta pouvaient également incarner impureté, pollution et mise en danger de la cité.17 Ces pretresses, au statut unique, ont fait l'objet de trés nombreuses études, monographies et articles.18 Cette contribution a donc seulement pour vocation de présenter l'état de la recherche concernant cette dualité caractéristique des Vestales.
Castitas, pudicitia et virginitas
Les Vestales devaient faire preuve d'une pureté physique, mais aussi morale et sociale. C'est notamment ce qu'il ressort de l'étude d'Alexander Bätz. Si la virginité des Vestales est trés souvent mise en avant, le sacerdoce de Vesta exigeait d'abord un comportement en public digne d'une femme honorable romaine, alors pudeur et réserve dans sa tenue et ses propos.19 Elle devait illustrer parfaitement la chasteté (castitas) et la pudicité (pudicitia) de la virgo et de la matrona romaines, dont les symboles étaient présents dans la tenue et la coiffure de la pretresse. Femmes exemplaires et sacrées, les Vestales devaient donc témoigner d'un comportement irreprochable.20 Cette exigence de pudicité et de chasteté était principalement entendue comme la condition virginale, une des obligations les plus importantes du culte de Vesta.21 Toutefois, pour certains auteurs, l'exigence de la pure- té physique ne semble n'avoir été mise en avant qu'â partir du IIIе siede av. J.-C.,22 avec les proces des Vestales Opimia et Floronia en 216.23 Précédemment, la Vestale Postumia, par exemple, avait été seulement suspectée en raison de son comportement en public, par une toilette élégante et des propos primesautiers.24 Cette double apprehension est parfaitement illustrée par la controverse de Séneque l'Ancien, probablement inspirée du cas de Postumia, intitulée Versus virginis vestalis. Le sujet de cette controverse est le suivant: une Vestale a écrit un vers sur le mariage, «Heureuses les mariées! Je veux mourir s'il n'est pas vrai que le mariage est un bonheur» et est alors accusée d'avoir eu un comportement non chaste.25 Ces exigences de chasteté tant physiques que morales se retrouvent d'ailleurs dans la variété du vocabulaire utilisé pour désigner le comportement des femmes et des Vestales.26 L'emploi, par exemple, du binôme pura et casta est représentatif et est utilisé dans des sources differentes, telles que les Lettres de Pline le Jeune (4.11: casto puroque corpore), les Controverses de Séneque l'Ancien (1.2: sacerdos casta e castis, pura e puris sit),27 et méme une inscription honorifique dédiée a la Grande Vestale Flavia Publicia, décrite comme purissimae castissimaeque.28
Plusieurs raisons ont été avancées pour justifier cette virginité des Vestales. La premiere et la plus courante est la représentation de la figure de la déesse a laquelle les prétresses sont dévouées et du feu sacré, force stérile.29 D'autres portent sur des considerations plus pratiques, comme l'absence de pollution du culte par le rattachement a une famille individuelle romaine et donc a un culte privé, ou encore, pour Robin Wildfang, la facilité d'entretien du feu par des femmes qui ne connaîtront pas la maternité.30 Mais, cette question de la virginité est aussi liée aux qualités de la Vestale. En 1980, Mary Beard, dans une perspective partiellement anthropologique, défend la position suivante: elle se détache du choix précédemment admis selon lequel les Vestales descendaient soit des filles, soit des épouses des premiers rois de Rome et affirme que ces pretresses possédaient un statut ambigú, un mélange des qualités virginales, matronales mais aussi viriles, qui expliquait leur caractere sacré et leur marginalité. Cette these nouvelle convainquit un certain nombre d'auteurs. L'historienne britannique revint toutefois sur ces propos dans un article de 1995 afin de tempérer sa position et recentrer l'intéret sur la virginité des Vestales et leur représentation de la cité.31 Cette idée se retrouve ainsi partiellement chez Ariadne Staples et Holt Parker qui considerent que les Vestales représentent la collectivité, ainsi que Lindsey Thompson, affirmant que le culte de Vesta était intégré a l'identité civique, et plus récemment Meghan Diluzio, qui expose que ces pretresses sont aux frontieres du groupe social et que leurs corps servent a matérialiser les limites de la cité, en projetant une image de force et d'inviolabilité.32
Rites purificatoires
Les Vestales, en plus d'incarner une pureté physique et morale, entretenaient d'un côté le feu sacré et de l'autre réalisaient divers actes et rites pour la cité. Les symboles et les mythes autour de la déesse Vesta et du feu sacré entretenu dans l'aedes Vestae sont nombreux: force vierge mais aussi purificatoire, le feu est une ressource vitale et le symbole de la continuité de la maison et de la famille, et donc de la cité de Rome.33 L'activité des Vestales, de par le caractere sacré du feu qu'elles entretenaient, était notamment tournée autour de fetes et rituels purificatoires.34 Parmi les fetes, nous pouvons citer notamment les Fordicidia, les Parilia, ainsi que les Argei.3 Les Fordicidia avaient lieu le 15 avril et concernaient la fertilité: elles consistaient en un sacrifice d'une vache gestante sur le Capitole et dans chacune des curies romaines. A l'issue, la Grande Vestale brÛlait les restes des veaux dans le feu de Vesta. Les cendres des veaux ajoutés a d'autres ingrédients constituaient alors un matériau purificatoire, le suffimen, distribué par les Vestales aux Parilia, qui se déroulaient alors quelques jours seulement apres les Fordicidia. Les Parilia coincidaient avec la date traditionnelle de la fondation de Rome et avaient pour vocation de purifier et protéger les troupeaux.36 Enfin les Argei, qui avaient lieu en mai, consistaient pour les Vestales a lancer des poupées ou mannequins a forme humaine, faits de paille de jonc, dans le Tibre depuis le pont Sublicius.37 Si la signification de cette fete a fait l'objet de discussions, les historiens modernes se rangent du point de vue du rite de purification, comme Adam Ziolkowski, qui considere que les marionnettes ou poupées avaient pour but d'aspirer les saletés rituelles.38 La présence et l'importance des Vestales dans les rites et fetes romaines, notamment ceux a caractere purificatoire, sont liées a la particularité de leur statut. Mais si elles sont actrices de la purification de Rome, elles le sont également de la pollution de la cité.
Extinction du feu et inceste
Les Vestales sont connues pour l'image de perfection et de pureté romaine qu'elles renvoient, toutefois elles représentent également parfaitement, a travers les récits de Plutarque et de Tite-Live notamment, l'impureté a son paroxysme.39 Deux infractions pouvaient étre commises par ces pretresses: la premiére, grave mais n'entrainant qu'une flagellation, était l'extinction du feu sacré de Vesta, la deuxiéme, supreme, était la perte de la virginité ou crime d'inceste (crimen incesti). Ces deux infractions étaient souvent liées, puisque l'extinction du feu, présage monstrueux (portentum), pouvait annoncer qu'une ou plusieurs Vestales avaient perdu leur chasteté.40 John Scheid explique d'ailleurs, dans un article de 1986, étude qui s'inscrit dans la continuité de l'analyse de Mary Beard, que se met alors en place un «jeu de correspondance subtil [...] entre cette perte de l'ambiguité sexuelle, la pollution ou l'extinction du feu sacré et les conséquences graves que cela implique pour la cité: et la Vestale fautive est enterrée vivante, comme si la perte de son ambiguité traduisait l'extinction, la mort du feu sacré dont elle était le double».41 Le feu, force purificatrice, s'éteignait alors par l'impureté de la pretresse. Lorsqu'une Vestale était accusée d'incestus ou ď incestum -terme qui proviendrait de incastus-f1 elle devait s'abstenir d'effectuer tout rite sacré et se séparer de ses esclaves, qui étaient interrogés. Puis elle était jugée devant un tribunal composé des pontifes.43 A l'issue, si elle était déclarée coupable et condamnée, elle était habillée en tenue funéraire, portée et liée par des courroies sur une litiére, emmenée, accompagnée d'un cortége silencieux, au campus sceleratus prés de la porte de la Colline, et descendue solennellement par le Grand Pontife, dans une chambre souterraine contenant lit, couverture, lampe, eau, pain, lait et huile. L'entrée de la chambre était ensuite fermée afin de ne laisser aucune trace de la pretresse impudique.44 Le seul moyen d'échapper a cette condamnation était le recours a Vesta. Les auteurs latins mentionnent plusieurs interventions divines dont auraient bénéficié les Vestales Aemilia, en rallumant le feu avec son vetement apres avoir adressé une priere a Vesta,45 Tuccia, en prouvant sa chasteté par le transport d'eau du Tibre a l'aide d'un crible46 et Claudia Quinta, qui remorqua le navire enlisé de Cybele.47
Le crime d'inceste de la Vestale et les éléments de sa condamnation et de son ensevelissement ont été étudiés et commentés par de nombreux auteurs. Nous reprendrons ici principalement les études tres completes de Tim Cornell, Augusto Fraschetti, Claire Lovisi et Mariangela Ravizza,48 qui répertorient notamment les differentes pretresses accusées d'inceste, dont treize ont été ensevelies.49 Tout d'abord, sur la notion d'inceste, sont désormais écartées les an- ciennes theories selon lesquelles l'inceste de la Vestale correspondait a l'inceste entre parents, un lien de párente unissant les pretresses aux Romains. Les questionnements modernes tournent autour de l'infraction d'incestus et de la juridiction des pontifes ainsi que des concepts de prodige et de sacrifice.50 Ainsi, Francesco Guizzi considere Vincestus comme une infraction sacrale, avec une juridiction pontificale entre ius publicum et ius sacrum. Pour Claire Lovisi et Mariangela Ravizza, la procedure qui s'applique est une procedure de droit public (et sacral), au regard du déroulement du proces de la Vestale, des témoignages des esclaves, du jugement du complice. Ce dernier était jugé par le tribunal pontifical et pouvait etre condamné a la flagellation a mort. La mise a mort du couple incestueux était bien plus qu'un piaculum, un sacrifice expiatoire, elle constituait une punition des coupables: une procedure criminelle s'appliquait.51 Intervient alors ici la question du prodige et du sacrifice. Pour Georg Wissowa, la pretresse impudique constituait un prodige monstrueux qui devait etre elimine, elle devait alors etre enterree vivante, on la laissait mourir. L'ensevelissement de la pretresse incestueuse etait d'ailleurs accompagne de priéres du Pontife, qui veille aussi sur la purete de la ville,52 et autres rites et sacrifices.53 L'auteur s'appuie notamment, pour son raisonnement, sur les incestes de 114 av. J.-C., révélés par un événement rare: une jeune fille a cheval fut frappée par la foudre.54 These admise par plusieurs auteurs, comme Maria Cristina Martini, la notion d'inceste est d'abord liee a celle de pollu- tion plutôt que de chasteté.55 Augusto Fraschetti constate aussi que des prodiges sont relevés a chaque inceste, en ce qui concerne son étude sur l'époque républicaine, et que ceux-ci manifestent la rupture de la paix avec les dieux.56 Mais pour Ariadne Staples, parler de prodigium concernant les pretresses de Vesta ne semble pas parfaitement correct. Il manque, a son sens, certaines correspondances entre la procédure d'ensevelissement de la Vestale et les procédures appliquées aux prodiges admis en tant que tels.57 Mais ces differentes interrogations amenent toutes a la question du sacrifice. Plusieurs auteurs prétendent que la mise a mort des Vestales incestueuses constitue un sacrifice, lié a la pérennité de la Cité.
Impureté et mise en danger de Rome
La perte de sa virginité pour une Vestale est une remise en cause totale de sa pureté rituelle et donc de son habilité a effectuer les rites.58 Ceux-ci sont alors considérés comme imparfaits et cela implique une rupture de la pax deorum. Ce déséquilibre dans la relation avec les dieux explique la gravité de Yincestum de la pretresse et de sa peine. L'avenir de la cité est en péril. Plusieurs auteurs ont soulevé la coincidence entre l'accusation et la condamnation pour incestum d'une Vestale et le contexte spécifique dans lequel intervenaient ces faits. Plusieurs ont donc formulé la théorie suivante: lorsque la cité est en danger, qu'un péril grave s'annonce, -comme en 216 av. J.С., lors de la deuxieme guerre punique et des invasions d'Hannibal et en 114 et 113 av. J.-C., lors de la guerre contre Jugurtha-,59 une Vestale est généralement accusée et condamnée pour incestum, la mise a mort de la pretresse constituant alors une sorte de rituel de purification politique.60 Claire Lovisi affirme meme que «les Vestales constitueraient en quelque sorte une réserve de jeunes filles promises a la mort et destinées a etre sacrifiées pro salute populi Romani en cas de calamité nationale. L'incestus ne serait en somme que le prétexte historique justifiant ces sacrifices humains».61 Cette idée de sacrifice a été reprise par plusieurs auteurs: la mort de la pretresse incestueuse serait a la fois une punition et une propitiation,62 et Augusto Fraschetti ajoute que la Vestale est ainsi socialement morte lorsqu'elle est ensevelie.63 Et cette idée se couple avec les attestations de sacrifices humains: l'enfouissement de couples Gaulois et Grecs, vivants, en 228, 216 et 113 av. J.-C., dont les deux derniers suivaient des condamnations de Vestales pour inceste.64 Mais Claire Lovisi ajoute, concernant ľ incestus, prétexte historique, que celui-ci est «bien paradoxal car le statut de la Vestale en exigeant la chasteté assurait une condition essentielle du sacrifice, la pureté de la victime».65 Notant également ce paradoxe, Celia Schultz conteste l'équivalence de la mise a mort de la vierge de Vesta a un sacrifice, la pretresse incestueuse ne pouvant constituer une offrande acceptable, et considere qu'il s'agissait d'un meurtre rituel, ayant pour but d'écarter de la communauté un individu souillé.66
Pour revenir a la mise en danger de la cité, la Vestale corrupta représentait la communauté romaine polluée: son sacrifice ou son meurtre rituel était alors nécessaire.67 Alexander Bätz va meme plus loin dans sa these puisqu'il affirme, en reprenant la coincidence entre inceste d'un côté et guerre et mise en péril de la cité de l'autre, que le danger inhérent a la perte de la virginité de la Vestale annonce un potentiel nouveau fondateur de la cité. Selon l'auteur, l'acte sexuel commis par la pretresse incestueuse pouvait aboutir a une grossesse: et dans la lutte contre Carthage au IIP siecle av. J.-C., par exemple, la naissance d'un futur fondateur serait comme une reproduction du mythe romain, qui aurait impliqué la fin de la cité de Romulus.68 La dichotomie du pur et de limpur appliquée aux vierges de Vesta va donc bien au-dela de simples questions religieuses. Son étude nous fait entrer dans des considérations publiques, le public et le sacral étant deux matieres interconnectées.
Biodata: Diane Baudoin e una dottoranda in Diritto Romano allUniversité Paris-Panthéon-Assas. La sua tesi attuale riguarda gli aspetti giuridici del sacerdozio femminile nel diritto romano (Aspects juridiques des sacerdoces féminins en droit romain), sotto la supervisione della Professoressa Emmanuelle Chevreau. Ě stata anche ricercatrice (french A.T.E.R.) con il Professor Dario Mantovani al College de France ([email protected]).
Diane Baudoin is a PhD student in Roman law at Université Paris-Panthéon-Assas. Her current thesis is about the legal aspects of the female priesthood in Roman law (Aspects juridiques des sacerdoces féminins en droit romain), under the supervision of Pr. Emmanuelle Chevreau. She was also research assistant (french A.T.E.R.) for Pr. Dario Mantovani at the College de France ([email protected]).
1 Émile Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse. Le systéme totémique en Australie, Paris, Quadrige PUF, 1912, p. 69
2 Ibidem, p. 544 et 546.
3 Alexander Bätz, Sacrae virgines. Studien zum religiösen und gesellschaftliehen Status der Vestalinnen, Paderborn-München-Wien, F. Schöningh, 2012.
4 Mary Douglas, De la souillure. Essai sur les notions de pollution et de tabou, tr. fr., Paris, François Maspero, 1981, p. 27.
5 Ibidem, p. 29-30. Voir aussi Annie Dubourdieu, Sacré, profane (Rome), in Jean Leclant (dir.), Dictionnaire de lAntiquité, Paris, PUF, 2005, pp. 1929-1930.
6 Macrobe, Saturnalia, 3.3.2; Sextus Pompeius Festus, De la signification des mots, [éd. Wallace Martin Lindsay] p. 424, dorénavant: Festus. John Scheid, La religion des Romains, Paris, Armand Colin, 2013, pp. 24-25 et 90 et Idem, Religion etpiété a Rome, Paris, La découverte, 1985, p. 54.
7 Danielle Porte, Lepretre a Rome. Les donneurs de sacré, Paris, Payot & Rivages, 1995 [1989], p. 7; Scheid, La religion des Romains, p. 25; Robert Jacob, La question romaine du sacer. Ambivalence du sacré ou construction symbolique de la sortie du droit, «Revue historique», 2006, vol. 639, n. 3, pp. 523-588.
8 Mark Bradley, Kenneth Stow (eds), Rome, Pollution and Propriety. Dirt, Disease and Hygiene in the Eternal City from Antiquity to Modernity, Cambridge, Cambridge University Press, 2012: voir notamment l'introduction de Mark Bradley et Kenneth Stow, pp. 1-10, sur ľutilisation des concepts de pureté et de pollution comme arme politique; Jack J. Lennon, Pollution and Religion in Ancient Rome, New York, Cambridge University Press, 2014: l'auteur effectue une intéressante presentation des catégories lexicales de la pollution (pp. 30-44). Â ces deux études, peut également s'ajouter l'ouvrage édité par Christian Frevel, Christophe Nihan (eds), Purity and the Forming Religious Traditions in the Ancient Mediterranean World and Ancient Judaism, Leiden-Boston, Brill, 2013.
9 Tite-Live, Histoire romaine, 1.20; Plutarque, Vie de Numa, 9.10; Aulu-Gelle, Nuits attiques, 1.12.10. Concernant les mythes autour de la création du sacerdoce de Vesta, voir notamment Nina Mekacher, Die vestalischen Jungfrauen in der romischen Kaiserzeit, Wiesbaden, L. Reichert, 2006, p. 15.
10 Cicéron, De legibus, 2.29; Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, 2. 67 et 3.67; Plutarque, Vie deNuma, 10.1; Festus, p. 468.
11 Dion Cassius, Histoire romaine, 55.22.5. Voir l'article tres précis de Nina Mekacher, Françoise Van Haeperen, Le choix des vestales, miroir d'une société en évolution (Ille s. a. C. - Ier s. p. C.), «Revue de l'histoire des religions», 2003, vol. 220, n. 1, pp. 63-80, en particulier pp. 69-80. D'abord reservé aux patriciens, le sacerdoce de Vesta a été progressivement ouvert aux plébéiens puis aux affranchis, en raison d'un manque croissant de candidates.
12 Denys d'Halicarnasse, Antiquités nmmines, 2.67; Plutarque, Vie de Numa, 10.2.
13 Aulu-Gelle dans ses Nuits Attiques (1.12) reprend les propos des célebres juristes Antistius Labéon et Atteius Capiton. Les jeunes filles proposées au sacerdoce de Vesta devaient notamment ne pas étre orphelines d'un ou des deux parents, ne pas étre infirmes ou posséder un handicap, étre la fille d'un homme domicilié en Italie, etc.
14 Sur les privileges et le statut juridique des Vestales, voir notamment Francesco Guizzi, Aspetti giuridici del sacerdozio romano. Il sacerdozio di Vesta, Napoli, Eugenio Jovene, 1968; Mekacher, Die vestalischen, pp. 20-38; Robin Lorsch Wildfang, Rome's Vestal Virgins. A Study of Rome's Vestal Priestesses in the Late Republic and Early Empire, London-New York, Routledge, 2006, pp. 64-75; Daniele Mattiangeli, I privilegi giuridici delle Vestali e l'utilizzo sociale e politico di una funzione «religiosa», in Fritz Sturm, Philip Thomas, Jochen Otto, Hikaru Mori (Hg.), Liber amicorum Guido Tsuno, Frankfurt, Vico Verlag, 2013, pp. 225-250; Mariangela Ravizza, Pontefici e vestali nella Roma repubblicana, Milano, lEd, 2020, pp. 88-97.
15 Plutarque, Vie de Numa, 10. 2-8; Aulu-Gelle, Nuits Attiques, 1.12.
16 Silvia Baschirotto, Vesta and the Vestals, Protectors of Rome, in Attilio Mastrocinque, Concetta Giuffre Scibona (eds), Demeter, Isis, Vesta, and Cybele, Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 2012, pp. 165-181.
17 Celia E. Schultz, On the Burial of Unchaste Vestal Virgins, in Bradley, Stow (eds), Rome, Pollution and Propriety, pp. 122-135, en particulier p. 122.
18 Voir notamment les monographies suivantes, dans l'ordre chronologique décroissant: Ravizza, Pontefici e vestali; Rosanna Ortu, Condizione giuridica e ruolo sociale delle vestali in eta imperiale: la vestale Massima Flavia Publicia, I, Le immunita, Cagliari, Sandhi, 2018; Sissel Undheim, Borderline Virginities, Sacred and Secular Virgins in Late Antiquity, London-New York, Routledge, 2018; Maria Elisa Garcia Barraco, Ilaria Soda, Giulio Giannelli (a cura di), Virgines Vestales. Il sacerdozio delle vestali romane. Origine, costituzione e ordinamento, Roma, Arbor Sapientiae, 2017; Meghan J. Diluzio, A Place at the Altar. Priestesses in Republican Rome, Princeton, Princeton University Press, 2016; Luigi Sandirocco, Vergini vestali. Onori, oneri, privilegi, riflessione sul ius testamenti faciundi, Canterano, Aracne, 2016; Molly M. Lindner, Portraits of the Vestal Virgins, Priestesses of Ancient Rome, Ann Arbor, University of Michigan Press, 2015; Bätz, Sacrae virgines; Lindsay J. Thompson, The Role of the Vestal Virgins in Roman Civic Religion. A Structuralist Study of the Crimen Incesti, Lewiston, Edwin Mellen Press, 2010; Sarolta A. Takács, Vestal Virgins, Sibyls, and Matrons. Women in Roman Religion, Austin, University of Texas Press, 2008; Mekacher, Die vestalischen; Wildfang, Rome's Vestal Virgins; Maria Cristina Martini, Le vestali. Un sacerdozio funzionale al «cosmo» romano, Bruxelles, Latomus, 2004; José Carlos Saquete, Las Vírgenes Vestales. Un sacerdocio femenino en la religión pública romana, Madrid, Fundacion de estudios romanos, 2000; Ariadne Staples, From Good Goddess to Vestal Virgins: Sex and Category in Roman Religion, London-New York, Routledge, 1998; Guizzi, Aspetti giuridici.
19 Bätz, Sacrae virgines, pp. 212-217.
20 Voir surtout Valére Maxime, Faits et dits mémorables, 6. 1. init. et 8.1 abs. 5; Cicéron, De legibus, 2.29.21; Festus, p. 454; Minucius Felix, Octave, 25.10. Voir aussi Guizzi, Aspetti giuridici, pp. 109-116; Staples, From good goddess, p. 135; Wildfang, Rome's Vestal Virgins, pp. 7 et 11.
21 Sur la virginité, voir l'étude de Undheim, Borderline Virginities.
22 Voir notamment Bätz, Sacrae virgines, pp. 217-222.
23 Tite-Live, Histoire romaine, 22.57.
24 Ibidem, 4.44.11; Plutarque, Comment tirerprofit de ses ennemis, 6.
25 Séneque l'Ancien, Controverses, 6.8: Felices nuptae!Moriar nisi nubere dulce est, traduction de Henri Bornecque: Séneque le Rhéteur, Controverses et suasoires, Paris, Garnier, 1932, p. 289; voir également le commentaire de Henri Bornecque, p. 347.
26 Sur le lexique de la pureté et de la pollution, voir Lennon, Pollution and Religion, pp. 30-44. Il faut aussi remarquer que la notion de pureté est tres présente chez les auteurs grecs: Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, 2.66 et 67; 9.10.3; 9.40; Plutarque, Vie de Numa, 9.10; Idem, Questions Romaines, 96; Philostrate d'Athenes, Vie d'Apollonios de Tyane, 7. 6. Sur la différence de vocabulaire et d'usages entre la Grece et Rome, voir notamment Mark Bradley, Approaches to Pollution and Propriety, in Bradley, Stow (eds), Rome, Pollution and Propriety, pp. 11-40, notamment pp. 19-22; Bätz, Sacrae Virgines, pp. 212-217; Martini, Le vestali, pp. 93-97.
27 Sur cette controverse tres intéressante de Séneque, voir l'article de Arrigo D. Manfredini, Casta diva, «sacerdos casta e castis, pura e puris sit», in Emmanuelle Chevreau, Carla Masi Doria, Johannes Michael Rainer (eds), Liber amicorum. Mélanges en lhonneur de Jean-Pierre Coriat, Paris, Editions Panthéon-Assas, 2019, pp. 527-536.
28 L'inscription Corpus Inscriptionum Latinarum, VI, 2134 est l'unique inscription comportant une telle expression; voir Regula Frei-Stolba, Flavia Publicia, virgo Vestalis maxima. Zu den Inschriften des Atrium Vestae, in Peter Kneissl, Volker Losemann (Hg.), Imperium Romanum. Studien zur Geschichte und Rezeption. Festschrift für Karl Christ zum 75. Geburtstag, Stuttgart, Steiner, 1998, pp. 233-251.
29 Plutarque, Vie de Numa, 9.10; Guizzi, Aspettigiuridici, pp. 102 et 106-108; Staples, From Good Goddess, p. 151.
30 Voir la synthese de Wildfang, Rome's Vestal Virgins, pp. 51-55.
31 Voir Mary Beard, The Sexual Status of Vestal Virgins, «Journal of Roman Studies», 1980, vol. 70, pp. 12-27, notamment pp. 17 et 21 ainsi que la relecture de son article de 1980 dans Eadem, Re-reading (Vestal) Virginity, in Richard Hawley, Barbara Levick (eds), Women in Antiquity. New Assessments, London, Routledge, 1995, pp. 166-177. Voir aussi John Scheid, Le flamine de Jupiter, les Vestales et le général triomphant. Variations romaines sur le theme de la figuration des dieux, in Charles Malamoud, Jean-Pierre Vernant (eds), Corps des dieux, Paris, Gallimard, 1986, pp. 287-313, notamment p. 306, et Olivier De Cazanove, Exesto. L'incapacité sacrificielle des femmes a Rome, «Phoenix», 1987, vol. 41, n. 4, pp. 159-173, notamment p. 169.
32 Staples, From good goddess, p. 154; Holt N. Parker, Why Were the Vestals virgins ? Or the Chastity of Women and Safety of the Roman State, «American Journal of Philology», 2004, vol. 125, n. 4, pp. 563-601; Thompson, The Role, p. 89; Diluzio, A Place, p. 320 ss.
33 Andrea Carandini, Il fuoco sacro di Roma. Vesta, Romolo, Enea, Roma, Bari, Laterza, 2015, pp. 21-26; Diluzio, A Place, p. 425; Wildfang, Rome's Vestal Virgins, p. 10; Saquete, Las vírgenes, p. 61 ss.
34 Wildfang, Rome's Vestal Virgins, p. 22, precise d'ailleurs que six rituels annuels impliquent clairement les Vestales dans des activités purificatoires. Voir également Porte, Lepretre a Rome, p. 121, sur le rôle purificateur des Vestales.
35 Carandini, Il fuoco sacro, pp. 77-89; Diluzio, A Place, pp. 443-449; Mekacher, Die Vestalischen, p. 58 ss; Wildfang, Rome's Vestal Virgins, pp. 10 et 22-28; Saquete, Las vírgenes, pp. 42 et 49 ss.
36 Voir notamment Ovide, Fastes, 4. 629-640 et 4.721-734; Diluzio, A Place, pp. 443-446; Mekacher, Die Vestalischen, p. 62; Daniel P. Harmon, The Public Festivals of Rome, «Aufstieg und Niedergang der römischen Welt», 1978, band II.16.2, pp. 1440-1468, notamment pp. 1446-1459.
37 Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, 1.38.3; Plutarque, Quaestiones Romanae, 86; Diluzio, A Place, pp. 446-449; Porte, Le pretre, p. 121.
38 Adam Ziolkowski, Ritual Cleaning-up of the City. From the Lupercalia to the Argei, «Ancient Society», 1998-1999, vol. 29, pp. 191-218, notamment p. 217.
39 Voir en particulier Plutarque, Vie deNuma, 10.8- 13; Idem, Quaestiones Romanae. 83; Tite-Live, Histoire romaine, 2.42.11; 4.44.11; 8.15.7; 22.57; Ovide, Fastes, 6.9; Pline le Jeune, Lettres, 4.11; Denys d'Haiicarnasse, Antiquités romaines, 9.10.3; Ennius, Annales, 5.3; Symmaque, Lettres, 9.147-148; Orose, Histoires contre les pedens, 3.9.5; 4.2.8; 4.5.9; 5.15.22; 6.3.1, etc.
40 Tite-Live, Histoire romaine, 28.11; Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, 2.67.
41 Scheid, Le flamine, pp. 306-307; Beard, The sexual status.
42 Isidore de Seville, Etymologies, V26.24 et X.1.148.
43 Ou une quaestio dans le cas notamment des incestes de Marcia et Licinia de 114-113 av. J.-C. (Quintus Asconius Pedianus, In Miloniam, 46). Voir Ravizza, Pontefici e Vestali, pp. 202-213.
44 Cf. Tite-Live, Histoire romaine, 8.15.7; Festus, pp. 448-449; Orose, Histoire contre lespaiens, 4.2.8; Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, 2.67.4 et surtout Plutarque, Vie de Numa, 10.8-13. Voir également Wildfang, Rome's Vestal Virgins, pp. 55-61; Diluzio, A Place, p. 323 ss; Eva Cantarella, La peine de mort en Grece et a Rome. Origines etfonctions des supplices capitaux dans l'Antiquité classique, tr. fr. Nadine Gallet, Paris, Albin Michel, 2000, pp. 124-129; Silvia Baschirotto, Vesta and the Vestals, protectors of Rome, in Attilio Mastrocinque, Concetta Giuffre Scibona (eds), Demeter, Isis, Vesta, and Cybele, Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 2012, pp. 165-181; Claiiy Lovisi, Vestale, incestus etjuridiction pontificale sous la République romaine, «Melanges de l'Ecole française de Rome - Antiquité», 1998, vol. 110, n. 2, pp. 699-735, notamment p. 725 ss. au sujet de la peine de la précipitation de la roche Tarpéienne, nous nous rallions a la majorité qui l'écarte concernant l'inceste des Vestales.
45 Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, 2.68; Valere-Maxime, Faits et dits mémorables, 1.1.7.
46 Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, 2.69; Valere-Maxime, Faits et dits mémorables, 8.1 abs 5; Pline, Histoire naturelle, 28.3.12; Augustin, La Cité de Dieu, 10.16; Tertullien, Apologétique, 22. Voir également Marcel Meulder, Le crible de la vestale Tuccia, «Latomus», 2006, vol. 65, n. 2, pp. 326-346.
47 Aurélius Victor, Des hommes illustres, 46.
48 Tim Cornell, Some observations on the «crimen incesti», in Le délit religieux^ dans la cité antique, Actes de la table ronde de Rome (6-7 avril 1978), Rome, Rome, Ecole française de Rome, 1981, pp. 27-37; Augusto Fraschetti, La sepoltura delle Vestali e la Cittá, in Du châtiment dans la cité. Supplices corporels et peine de mort dans le monde antique, Table ronde de Rome (9-11 novembre 1982), Rome, Ecole Française de Rome, 1984; Lovisi, Vestale, incestus; Ravizza, Pontefeci e Vestali, p. 105 ss., concernant le proces des Vestales sous la République.
49 Pour échapper a ce sort, plusieurs Vestales ont recouru au suicide, comme Floronia (Tite-Live, Histoire romaine, 22.57.2) et Caparonnia (Orose, Histoires contre les paiens, 4.5.9): voir notamment Fraschetti, La sepoltura delle Vestali, p. 98.
50 Voir la presentation de Lovisi, Vestale, incestus, pp. 702-704. Voir egale - ment Philippe Moreau, Incestus et prohibitae nuptiae. L'inceste à Rome, Paris, Les Belles Lettres, 2002, pp. 137-150, qui, en ecartant egalement ces anciennes theories, propose l'hypothése suivante: afin d'éviter les unions endogamiques, un systéme d'echange des femmes entre les gentes avait ete mis en place. La Vestale, etant sortie de sa gens lors de son entree dans le sacerdoce de Vesta, etait «en dehors du systéme d'echange» et une relation avec une telle lemme, comparee a celle avec une lemme de sa gens, constituait un incestus (voir notamment p. 143).
51 Lovisi, Vestale, incestus, pp. 712 et 721-725; Ravizza, Pontefici e Vestali, p. 139 ss.; Cornell, Some observations, p. 32 ss. Concernant la condamnation et la peine du complice, voir Festus, p. 277; Zonaras, Epitomé, 7.8; Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, 8. 89; 9.40; Tite-Live, Histoire romaine, 22.57.3-4; Suétone, Domitien, 8; Pline le Jeune, Lettres, 4.11.10.
52 Sur la question des rites purificatoires et des pontifes, voir Porte, Le pretre, p. 122.
53 Georg Wissowa, Vestalinnenfrevel, in «Archiv für Religionswissenschaft», 1923-1924, vol. 22, pp. 201-214. Voir aussi Ravizza, Pontefici e Vestali, pp. 123-128.
54 Plutarque, Quaestiones Romanae, 83; Julius Obsequens, Livre des prodiges, 37.
55 Voir Martini, Le vestali, p. 8 ss. et les definitions d'Isidore de Séville, Etymologies, V 26.24 et de Pseudo-Acron, Scholia in Horatium Vetustiora, t. II., n. 472, p. 379 [éd. Otto Keller].
56 Fraschetti, La sepoltura, p. 109 ss.
57 Staples, From good goddess, pp. 133-135.
58 Diluzio, A Place, p. 321.
59 Thompson, The Role, p. 139; Cornell, Some observations, p. 28; Lovisi, Vestale, incestus, p. 703 ss.
60 Staples, From good goddess, p. 134 ss.; Thompson, The Role, p. 139 ss; Carandini, Il fuoco sacro, p. 97.
61 Lovisi, Vestale, incestus, p. 711; Eadem, Ľélimination de la vestale, peine ou sacrifice humain ?, in Barbara Anagnostou-Canas (ed.), LOrganisation matérielle des cultes dans l'Antiquité, Paris, Cybele, 2010, pp. 109-121. Voir également Gerhard Radke, Acca Larentia und die fratres Arvales. Ein Stück römisch-sabinischer Frühgeschichte, «Aufstieg und Niedergang der römischen Welt», 1, 1972, n. 2, pp. 421-441.
62 Diluzio, A Place, p. 325 ss.; Baschirotto, Vesta and the Vestals, p. 166 ss.; Leonardo Sacco, Osservazioni comparative sulla sepoltura della Vestale a Roma, in «Mediterraneo Antico. Economie, Societa, Culture», 13, 2010, n.1-2, pp. 417-424, notamment p. 420 ss.; Ravizza, Pontefici e Vestali, p. 134 et 143.
63 Fraschetti, La sepoltura, p. 126 ss.
64 Lovisi, Vestale, incestus, p. 729 ss.; Eadem, Ľélimination, p. 113 ss.
65 Eadem, Ľélimination, p. 120.
66 Schultz, On the burial, pp. 122-135.
67 Voir note 32: Staples, From good goddess, p. 154; Parker, Why Were the Vestals virgins ?; Thompson, The Role, p. 89; Diluzio, A Place, p. 320 ss.
68 Bätz, Sacrae virgines, pp. 222-224.
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Abstract
Abstract: Questo articolo si occupa delle Vestali, vergini sacerdotesse consacrate alla dea Vesta, e della loro purezza e impurita. Queste vergini, dotate di uno specifico status giuridico e religioso, compivano riti di purificazione della citta. Inoltre, mediante la loro missione piu importante, cioe mantenere sempre acceso il fuoco sacro, assicuravano la sopravvivenza di Roma. Rappresentano il perfetto esempio delle virtu femminili romane: castita (castitas) e pudicizia (pudicitia). Quindi, queste sacerdotesse incarnavano sia la purezza morale che quella religiosa. Infatti, due crimini potevano essere commessi dalla Vestale, lo spegnimento del fuoco e il piu grave di essi, ovvero lincesto, la perdita della verginita. La Vestale diventava allora impura: era stata corrotta (corrupta), contaminata. La punizione per questo crimine era la morte e il contesto, in cui si compie, esprime il pericolo connesso a questo incestum. Cosi, lo scopo di questo articolo e quello di sottolineare limportanza della dicotomia puro-impuro nella costruzione e rappresentazione del culto di Vesta e soprattutto delle sue sacerdotesse.





