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Abstract
La base militaire de Val cartier opère le champ de tir antichar Arnhem depuis les années 1970. Le type de munitions utilisé pour l'entraînement est la roquette M72 dont la charge explosive est constituée de 300 g d'Octol, un mélange de 60% HMX (Octahydro-1,3,5,7- Tetranitro-1,3,5,7-Tetrazocine), 30% TNT (2,4,6-Trinitrotoluene) et 10% RDX (Hexahydro-1,3,5-Trinitro-1,3,5-Triazine). Une problématique environnementale a été soulevée puisqu'une proportion non-négligeable des munitions n'explose pas à l'impact. Le contenu en matériaux énergétiques (ME) des roquettes non explosées se disperse à la surface du sol pour ensuite être dissous par l'eau de pluie et migrer vers la nappe phréatique.
Le Centre de recherche pour la défense Valcartier (CRDV) et l'INRS-Géoressources mènent une étude hydrogéologique depuis 1998 dont le but est la compréhension du comportement des matériaux énergétiques dans les sols et l'eau souterraine. La méthodologie utilisée pour ce projet de recherche comporte trois grands volets, soit les travaux de terrain, les essais en laboratoire et la modélisation.
Une des étapes principales de ce projet était d'instrumenter le champ de tir anti-char Arnhem de façon exhaustive afin d'avoir une quantité suffisante de données hydrogéologiques et physico-chimiques nécessaires pour comprendre le comportement des matériaux énergétiques. Les travaux de terrain ont montré que le contexte hydrogéologique est très complexe dans le secteur du champ de tir Arnhem. Ces complexités sont la présence d'une nappe perchée, un changement brusque de direction et de vitesse d'écoulement, une stratigraphie discontinue, une géométrie complexe de l'aquifère et un régime d'écoulement caractérisé par des effets transitoires majeurs. Les travaux de caractérisation ont également montré que le HMX est le principal ME observé dans les sols de surface près des cibles d'entraînement et dans l'eau souterraine alors que le RDX et le TNT y sont quasi-absent.
À partir des résultats des travaux de caractérisation, un modèle conceptuel expliquant le comportement des matériaux énergétiques a été développé. Le HMX est dissous très lentement, est faiblement adsorbé et pourrait se biodégrader sous les conditions aérobies de l'aquifère. En mettant en relation la fluctuation du niveau de la nappe avec la concentration en HMX dans l'eau souterraine, il est possible d'observer qu'une impulsion de HMX est produite à chaque épisode de recharge de l'aquifère. Cette suite d'impulsions de HMX dissous génère un panache de contamination dans l'eau souterraine. En comparaison avec le HMX, le TNT est dissous plus rapidement, est plus adsorbé et se biodégrade en condition aérobie.
Parce qu'il est essentiel d'avoir une solide connaissance du régime d'écoulement de l'eau souterraine avant d'entreprendre une étude détaillée sur le transport des contaminants, des travaux de modélisation hydrogéologique 3-D en condition non-saturée/saturée ont été entrepris avec le programme FRAC3DVS. Les résultats montrent que les vitesses d'écoulement dans la partie supérieure de l'aquifère changent de façon significative selon les saisons sur le flanc de la montagne car cette zone devient saturée pendant la recharge printanière et se désature en période d'étiage. Les effets qu'ont ces phénomènes transitoires sur l'évolution du panache de HMX dissous dans l'eau souterraine ont été évalués avec une simulation du transport de masse en condition advective/dispersive. Les résultats montrent que le panache s'écoule rapidement à partir de la source pendant la recharge printanière mais ne se rend pas complètement au centre de la vallée avant que le flanc de la montagne ne s'assèche en période d'étiage.





