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Jean Peyrelevade, qui commença sa carrière au ministère des Transports, n'en revient pas de l'aberration écologique et financière de deux projets américains d'avions supersoniques.
Il n'y a malheureusement pas que les climatosceptiques qui s'opposent aux changements inéluctables de modes de vie et de production que va nous imposer la révolution climatique. Des scientifiques de haut niveau (ou supposés tels) viennent y ajouter, au nom de l'innovation technologique, leur piment délétère.
Ainsi voit-on apparaître aux Etats-Unis deux projets de construction d'avions de ligne supersoniques. Le premier, conçu par la société Boom Technology, est présenté comme un « petit Concorde » capable de transporter 60 à 80 passagers vers 600 destinations dans le monde.
A ce jour, trois compagnies aériennes (American Airlines, United Airlines et Japan Airlines) ont manifesté des intentions d'achat (ce qui ne leur coûte rien pour l'instant) à l'horizon 2030, où l'on rappelle que doivent disparaître en Europe les fabrications de voitures à moteur thermique et être divisées par deux nos émissions totales de carbone. N'y a-t-il pas là une légère contradiction ?
Mais il y a pire encore. Le projet ne vient pas seulement des élucubrations fumeuses d'un jeune excité. La Nasa, elle-même, a attribué plusieurs contrats d'études, notamment à...





