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Abstract

La métaphorologie connaît des dissensions depuis l'apport des sciences cognitives et leur correction novatrice des rhétoriques traditionnelles. Par œ quil forge très tôt des positions dissidentes quant à la conception du sens l'ideal et à celle de l'ornementation stylistique par les figures, Valéry découvre les grandes valeurs de la métaphore dans la fabrication des théories et la méthode heuristique. Pourtant les premiers Cahiers de 1894–1900 visent à purifier le langage des représentations courantes et à fonder ainsi une nouvelle psychologie. Ce n'est que dans les années vingt qu'une nouvelle modélisation de la représentation intègre le corps et apporte une position moins corrective à l'égard des métaphores, postérieurement à la grande poésie de la maturité.

Dans les premiers projets de sa psychologie, le Système, Valéry vise à “nettoyer” le langage. Il adopte des outils de questionnement voulus purement représentatifs, le langage mathématique notamment, parallèlement à une interrogation métalinguistique sur les outils de la pensée. La métaphore mathématique est d'abord élue pour atteindre ces buts, et permet une prise de conscience progressive du potentiel heuristique des métaphores.

C'est pourquoi le travail sur les brouillons de La Jeune Parque montre que la génération du poème évolue perceptiblement vers une métaphoricité accrue, alors que le sujet du poème porte sur les variables psycho-somatiques. Une technique métaphorique originale est ébauchée en acte par le poème, comme en réaction aux vers anciens, à la fois comme coupure et comme retrouvailles avec la technique poétique mallarméenne. Cette technique proprement valéryenne perdure dans “Fragments de Narcisse” où la métaphore est un agent systématique de structuration et de mise en forme du sens—on peut remarquer un ravalement de l'axiologie traditionnelle des images luini muses. Il devient alors impossible de parler d'une allégorie lumineuse. Enfin, cette technique systématique appelle des stratégies interprétatives. Quil s'agisse de la question de l'étymologie ou de celle des néologismes valéryens, de la lecture d'un poème abscons, ou même de l'interprétation de pièces courtes, Valéry réalise par sa pratique métaphorique une métaphysique personnelle qui rend compte de la relation complémentaire du Corps, de l'esprit et du Monde dans la connaissance.

Abstract (AI English translation)

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Metaphorology has been divisive since the contribution of cognitive sciences and their innovative correction of traditional rhetoric. Through the fact that he very early forged dissenting positions as to the conception of the meaning of the ideal and that of stylistic ornamentation by figures, Valéry discovered the great values ​​of metaphor in the fabrication of theories and the heuristic method. Yet the first Cahiers of 1894–1900 aimed to purify the language of current representations and thus found a new psychology. It was only in the 1920s that a new model of representation integrated the body and brought a less corrective position with regard to metaphors, after the great poetry of maturity.

In the first projects of his psychology, the System, Valéry aims to “clean up” language. It adopts questioning tools intended to be purely representative, mathematical language in particular, alongside a metalinguistic questioning of the tools of thought. The mathematical metaphor is first chosen to achieve these goals, and allows a progressive awareness of the heuristic potential of metaphors.

This is why the work on the drafts of La Jeune Parque shows that the generation of the poem evolves perceptibly towards an increased metaphoricity, while the subject of the poem concerns psycho-somatic variables. An original metaphorical technique is outlined in action by the poem, as in reaction to old verses, both as a cut and as a reunion with the poetic technique of Mallarmé. This strictly Valerian technique continues in “Fragments de Narcisse” where metaphor is a systematic agent for structuring and shaping meaning—one can notice a rethinking of the traditional axiology of luini muse images. It then becomes impossible to speak of a luminous allegory. Finally, this systematic technique calls for interpretative strategies. Whether it concerns the question of etymology or that of Valéryan neologisms, the reading of an abstruse poem, or even the interpretation of short pieces, Valéry achieves through his metaphorical practice a personal metaphysics which accounts for the complementary relationship of Body, Mind and World in knowledge.

Details

1010268
Literature indexing term
Title
Philosophie et semantique du poeme chez Paul Valery: la metaphore aux limites du complexe valeryen
Alternate title
Philosophy and Semantics of the Poem in Paul Valery: The Metaphor at the Limits of the Valery Complex
Number of pages
387
Publication year
1998
Degree date
1998
School code
0779
Source
DAI-A 60/10, Dissertation Abstracts International
ISBN
978-0-612-41565-2
Advisor
University/institution
University of Toronto (Canada)
University location
Canada -- Ontario, CA
Degree
Ph.D.
Source type
Dissertation or Thesis
Language
French
Document type
Dissertation/Thesis
Dissertation/thesis number
NQ41565
ProQuest document ID
304475512
Document URL
https://www.proquest.com/dissertations-theses/philosophie-et-semantique-du-poeme-chez-paul/docview/304475512/se-2?accountid=208611
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