Headnote
Resumen
Los hermanos J.-H. Rosny comenzaron su producción literaria en colaboración en 1887 con la intención de hacerse un nombre en el mundo de las letras francesas de finales del siglo XIX. En 1935, casi treinta años después de la ruptura de su asociación fraternal, firmaron un acuerdo mediante el cual reconocieron la autoría individual de algunas de sus obras publicadas conjuntamente. El objetivo de nuestro estudio es comprobar si dicho reparto se ha respetado en las ediciones posteriores de esas obras en Francia y España, así como comparar de forma cuantitativa el trabajo realizado por cada hermano durante el periodo de colaboración, para lo que se han consultado los catálogos de las bibliotecas nacionales de ambos países.
Palabras clave: J.-H. Rosny, escritura colaborativa, reparto, autoría.
Résumé
Les frères J.-H. Rosny ont entamé en 1887 leur production littéraire en collaboration cherchant se faire un nom dans le monde littéraire français de la fin du XIXe siècle. En 1935, presque trente ans après la rupture de leur association fraternelle, ils ont signé une convention en vue d'indiquer la paternité individuelle de plusieurs de leurs oeuvres publiées ensemble. L'objectif de notre étude est de vérifier si cette répartition a été respectée dans les éditions postérieures de ces oeuvres en France comme en Espagne, ainsi que de comparer le travail réalisé par chaque frère pendant leur période de collaboration. Pour ce faire, nous avons consulté les catalogues des bibliothèques nationales de ces deux pays.
Mots-clés: J.-H. Rosny, écriture collaborative, répartition, paternité.
Abstract
J.-H. Rosny brothers started their literary production in 1887, seeking recognition in the French literary world at the end of XIX century. In 1935, almost thirty years after their separation, they signed an agreement to assign individual authorship to some of their coauthored works. Our study aims to verify if that distribution has been observed in later editions of those works in France and Spain, and to compare the personal work of the brothers during their collaboration. For this purpose, we have consulted the catalogues of the national libraries of both countries.
Keywords: J.-H. Rosny, collaborative writing, distribution, authorship.
1. Introduction
Joseph-Henri-Honoré et Séraphin-Justin-François Boex sont les auteurs « cachés » sous le pseudonyme J.-H. Rosny. Ils ont utilisé ce nom de plume pour signer leurs oeuvres écrites de manière collaborative, en ajoutant les adjectifs « aÎné » et « jeune » quand ils ont publié des oeuvres individuellement après leur séparation. Cependant, même s'ils ont utilisé ce stratagème pour s'identifier et se séparer l'un de l'autre, nous pourrons constater que cela n'a pas eu le résultat prévu, car l'identification des auteurs s'est souvent réalisée erronément.
L'objectif de ce travail1 est donc de faire une révision de la répartition des oeuvres qu'eux-mêmes ont faite en 1935 en vue d'analyser s'ils ont écrit d'une manière équilibrée ainsi que pour vérifier si les livres réédités ont identifié correctement à qui correspond la création de chaque texte. Pour ce faire, nous avons utilisé les données fournies par Pottier (1996c) ; nous avons ensuite classifié les oeuvres publiées pendant leur période de collaboration pour finalement chercher les informations de celles-ci présentes dans la Bibliothèque Nationale de France ainsi que dans la Biblioteca Nacional Española2 en vue d'établir une comparaison entre elles.
2. J.-H. Rosny
Comme nous l'avons déjà avancé, le pseudonyme collectif J.-H. Rosny a été utilisé par deux frères belges qui ont vécu entre la deuxième moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle. Joseph-Henri-Honoré Boex est né à Bruxelles en 1856 et il est mort à Paris en 1940 ; son frère cadet, Séraphin-Justin-François est aussi né à Bruxelles trois ans après et il est mort à Proubazlenec en 1948. Après un séjour de Joseph Boex à Londres, les deux frères se sont installés à Paris (Leroy, 2014). Une fois dans la capitale française, Joseph Boex a commencé son parcours littéraire quand il avait déjà 30 ans, même si ses inquiétudes littéraires étaient déjà évidentes depuis son enfance, quand il a écrit son premier roman, intitulé La révolte des enfants malheureux, à l'âge de 12 ans. Malheureusement, ce texte n'a pas été conservé car, apparemment, sa mère le brûla. Pendant son enfance et sa jeunesse il avait aussi écrit des poèmes et des pièces de théâtre qui sont perdus, ainsi que deux autres oeuvres en prose : La Légende du Roi Pépin et Le Livre étoilé (Pottier, 1996c).
Joseph Boex a joué tout au long de sa production littéraire avec l'ambiguïté car, soit en collaboration avec son frère, soit de manière individuelle, il n'a jamais signé de son vrai nom, outre J.-H. Rosny, on peut trouver des oeuvres écrites par lui et publiées utilisant d'autres pseudonymes : J.-H. Boece (où il joue avec son vrai nom et celui du poète latin), André Darville, Enacryos, Sourya, Jacques Soldanelle ou Henri de Noville. Il publia même un roman feuilleton en 1898, La revanche de Robert, écrit en prétendue collaboration entre Rosny aÎné et Henri de Noville (Pottier, 2011). En ce qui concerne le pseudonyme partagé avec son frère, c'est Joseph qui, en 1885, l'a choisi s'inspirant dans deux villages de la région parisienne : « regardant une carte des environs de Paris: à l'image des deux frères figuraient deux Rosny (Rosny-sous-Bois et Rosny-sur- Seine)3 » (Pottier, 1996c: 191). Cependant, ce n'est qu'en 1887 que L'immolation, premier roman publié par les frères Boex, voit le jour (Pottier, 1996c).
Préalablement, en 1886 Joseph Boex avait édité son premier roman sous le pseudonyme J.-H. Rosny, intitulé Nell Horn de l'Armée du Salut; cette oeuvre est considérée un roman de moeurs où il profita pour déployer son expérience lors de son séjour à Londres4. Un an plus tard, en 1887, a commencé l'écriture collaborative des frères, qui a duré vingt-et-un an, jusqu'à 1908. L'objectif de J.-H. Rosny était de conquérir le monde littéraire de leur époque par le biais d'une abondante production, qui ne s'est pas limitée aux romans, récits ou pièces de théâtre : ils ont aussi signé des traductions d'oeuvres de différentes langues : l'anglais, l'espagnol, l'égyptien ou le coréen (Pottier, 2011). Selon Pottier (1996b), les oeuvres publiées entre 1886 et 1889 vont avancer le caractère hétérogène et prolifique du parcours littéraire de Rosny aÎné :
Notons à ce titre que les trois années 1886-87-88 constituent les premier pas de l'écrivain, mais aussi les années où il installe et fonde son oeuvre future: Nell Horn de l'Armée du Salut paraÎt en 1886 constitue son premier roman de moeurs, dont il développera l'idée plus tard; Le Bilatéral inaugure la série des romans sociaux (La Vague Rouge, Les Ames perdues, Sous le Fardeau ; Les Xipéhuz, parus dans L'Immolation en 1887 jettent les bases des romans du merveilleux scientifique, tandis que les « scènes préhistoriques », parues dans la livraison de juillet 1888 de la Revue Indépendante, annoncent déjà les romans préhistoriques (Pottier, 1996b : 218-219).
En outre, Joseph Boex est considéré l'auteur principal du Manifeste des cinq (Pottier, 1996c) qu'il signe en 1887, accompagné de Paul Bonnetain, Lucien Descaves, Gustave Guiches et Paul Margueritte. Ce texte rend évident la rupture de ces écrivains avec l'école littéraire et son chef de file, Émile Zola. Admirateurs de Gustave Flaubert et des frères Goncourt, les Rosny se sont succédés dans la présidence de l'Académie Goncourt : Joseph a été le président de 1926 à 1940 et Séraphin de 1940 à 1945.
Après la rupture de leur collaboration, tous les deux ont continué leurs carrières littéraires utilisant le nom Rosny mais ajoutant l'identificateur jeune ou aÎné. Cependant, cette prétendue prise de distance de l'un envers l'autre, n'a pas eu le résultat désiré. Actuellement nous pouvons constater que dans le catalogue de la BNF il y a des oeuvres qui ont été assignées erronément, comme c'est le cas de Nell Horn, par exemple. Même si quand nous cherchons dans la page web de cet organisme des oeuvres signées par Rosny aÎné, on nous indique « Ne pas confondre avec son frère: Rosny jeune, J.-H. (1859-1948) ni avec le pseudonyme collectif: Rosny, J.-H., utilisé par les deux frères pour signer les ouvrages qu'ils écrivaient ensemble »5, ce travail va montrer que cette confusion est présente dans des publications comprises dans le catalogue de cette bibliothèque comme dans celui de la BNE.
Les Rosny sont décrits par leur critique contemporain Casella (1907) comme des enrichisseurs de la langue française, à cause des néologismes qu'ils ont introduits dans leurs oeuvres : « l'existence mouvementée des Rosny, leurs voyages desquels ils rapportaient des locutions neuves, leurs études qui leur révélaient le qualificatif technique, devaient fatalement influer sur leur forme et la rendre nombreuse et un peu chaotique » (Casella, 1907: 42). Selon cet auteur, les frères sont les créateurs du verbe bruisser, et, en effet, le Dictionnaire Larousse6 indique que ce verbe est un synonyme de bruire, auquel il le substitue dans ses formes défectives. Toujours selon le Dictionnaire Larousse, ce verbe a été créé au XIXe siècle à partir de l'adjectif bruissant, cependant, le nom des Rosny n'apparaÎt pas dans cette explicitation. De son coté, Pottier (1996c) indique que Rosny aÎné a créé en 1928 le terme astronautique dans un de ces romans. Au-delà du style particulier des auteurs, Jules Bois leur accorde le statut de créateurs, il remarque leur maÎtrise dans le roman de science-fiction ou préhistorique mais « leur triomphe, c'est l'oeuvre d'imagination où les questions sociales sont abordées » (Jules Bois dans Casella, 1907: 45).
La rupture de la collaboration est arrivée en juillet 1908 quand le Journal annonça la parution du nouveau roman de J.-H. Rosny, Marthe Baraquin, accompagnée d'une photo du frère aÎné. À partir de ce moment ils n'ont plus travaillé ensemble, comme ils l'ont déclaré dans la convention qu'ils ont signée en 1935.
L'oeuvre de Joseph, qui a été plus abondante et variée que celle Séraphin, a eu une transcendance que celle de son frère n'a pas connu. Rosny aÎné est considéré le créateur du roman préhistorique : La Guerre du feu, publiée en 1909, une année après la rupture, est son oeuvre la plus connue (Casella, 1907; Leroy, 2014), de nos jours, elle continue à être publiée et elle a été adaptée au cinéma par Jean-Jacques Annaud en 1981. En même temps, on continue à travailler sur son oeuvre, comme le montre, par exemple, le journal Elseneur (2019) qui a dédié son numéro 34 à la production littéraire de Rosny aÎné publiant treize articles sur cet auteur. Cependant, l'oeuvre individuelle de Séraphin, ainsi que celle qui a été publiée en collaboration par les frères, n'ont pas subi le même sort : nous n'avons guère trouvé de publications scientifiques ou de nouvelles éditions de ces oeuvres. Pottier (1996c) indiquait qu'après la mort de Rosny aÎné les seules oeuvres qui ont été publiées sont celles à thématique futuriste, préhistorique ou science-fiction, c'est-à-dire, celles qui sont de nos jours orientées plutôt aux jeunes lecteurs ; les oeuvres qui ont été donc oubliées sont les romans naturalistes, sociaux et de moeurs. Cependant, en 2011 Classiques Garnier a fait paraÎtre Nell Horn de l'Armée du Salut, dont le titre est complété avec l'indication suivante: Roman de moeurs londoniennes, indiquant de manière explicite qu'il s'agit d'une création de J.-H. Rosny aÎné.
3. L'écriture collaborative entre frères. La particularité des Rosny
Pottier (2011) identifie trois éléments présents dans la littérature collaborative entre frères ou soeurs. D'abord, les circonstances qui mènent les auteurs à décider d'écrire ensemble : pour cet auteur, il peut s'agir d'une prolongation de leur enfance, une aide mutuelle, une fusion psychologique et intellectuelle, voire une aide économique. Le deuxième élément fait référence à la manière dont ce travail à deux est présenté, c'est-à-dire, la dimension médiatique, comment ces oeuvres arrivent aux lecteurs. Finalement, Pottier (2011) présente le troisième élément, qui est d'ailleurs le plus important et le plus difficile à discerner, la répartition des tâches d'écriture, la création d'un style, comment on réussit à fusionner deux écritures en une.
Dans le cas des frères Rosny, l'aÎné avait déjà une certaine expérience littéraire - il avait signé en 1885 une nouvelle intitulée Sur le Calvaire sous le nom J.-H. Boece et en 1886 il publia Nell Horn de l'Armée du Salut avant le commencement de l'écriture en commun mais utilisant déjà le pseudonyme Rosny -, fait duquel le frère cadet aurait pu en profiter : Joseph aurait ouvert les portes du monde des lettres à Séraphin (Pottier, 1996a, 1996c). Dans ce sens, apparemment la différence initiale entre les deux frères semble persister pendant toute la période de leur collaboration, comme le montrent la répartition postérieure des oeuvres en commun ainsi que les déclarations de Marie Borel ou Edmond de Goncourt ont réalisées à propos du travail des frères. La première a écrit dans le journal intime qu'elle partage avec son mari, Rosny aÎné, ce qui suit : « [J]'ai néanmoins une petite crispation à voir qu'il [Séraphin] se croit égal de son frère qui non seulement a fait son nom, mais le 6/8 (et je suis modeste) de l'oeuvre » (Pottier, 1996 a: 259) ; tandis que pour Edmond de Goncourt, Rosny jeune était « un tout petit succédané de son frère » et il se demandait si « le petit frère a-t-il travaillé à tous les livres du grand ? Il me semble bien que le grand me l'avait dit » (Pottier, 2011 : 65). Cependant, étant donné que ces déclarations peuvent être considérées peu objectives, cette étude pourrait les valider ou les réfuter.
Comme nous l'avons avancé, outre des romans ou des récits: les frères ont également signé sous le pseudonyme J.-H. Rosny des traductions d'oeuvres de différentes langues. De l'anglais : Le Scarabée d'or, de Poe (1892), Le Crime de Gramercy Park, de A.-K Greene (1907) ou des pièces de Shakespeare ; de l'espagnol: Pablo de Segovia el gran tacaño, de Quevedo (1902) ; mais aussi d'autres langues plus exotiques comme l'adaptation d'un roman égyptien : Tabubu (1892) ; Le Porteur de Sachet, de Natesa Sastri (1892); ou Printemps parfumé7 (1892), un roman anonyme, dont la langue originale est le coréen. Le cas de cette traduction est assez particulier car il s'agit de la première traduction d'une oeuvre coréenne au français et à une langue occidentale. En plus, elle a été rééditée en 2018 par Tohu-Bohu Éditions et dans la page web de cette maison d'édition on constatait que ladite traduction avait été effectuée par Hong Tjong-ou, qui apparemment a été le premier citoyen coréen qui a visité la France. La maison d'édition mentionne en effet la participation de Rosny, mais ayant un rôle plus modeste à celui qui est indiqué par la BNF : « Il [Hong Tjong-ou] a été aidé par J.-H Rosny (1856-1940) aÎné, l'auteur de La Guerre du feu »8. La tâche d'identification de parenté de l'oeuvre devient un peu plus compliquée car, selon la convention signée par les frères Rosny en 1935, c'est Rosny jeune qui avait réalisé la traduction (Pottier, 1996c). Au-delà du différent degré de participation ou engagement dans la traduction que les documents consultés indiquent, cet exemple témoigne à quel point la création individuelle est confondue avec la création en collaboration, car cette oeuvre est associée à Rosny aÎné, à Rosny jeune et à Rosny tout court, ce qui montre, à notre avis, l'intérêt de cette étude.
Revenant au troisième élément de l'écriture en collaboration accomplie par des frères identifié par Pottier (2011), on peut affirmer que la répartition des tâches d'écriture est toujours un mystère, ce n'est pas habituel de trouver des traces du travail de rédaction : dans le cas des Rosny, la plupart des manuscrits ont disparu (Rosny aÎné, 1921) et, dans les rares qui en restent, les marques ne permettent pas de distinguer l'identité de l'auteur (Pottier, 2011). Cependant, l'oeuvre des Rosny présente une particularité qui facilite le travail aux spécialistes: cherchant la protection des droits de leurs héritiers, les frères ont signé en 1935 une convention par laquelle ils ont fait la répartition de leurs oeuvres qui ont été publiées sous le pseudonyme collectif : certaines ont été assignées à Rosny aÎné, quelques-unes à Rosny jeune, tandis que d'autres sont restées sous le pseudonyme commun (Pottier, 2011 ; Pottier, 1996a). Dans ce document ils ont affirmé qu'ils ont fini leur collaboration en 1908 et qu'ils n'ont plus jamais travaillé ensemble, mais le plus intéressant dans cette convention est le fait qu'ils y admettent avoir publié des oeuvres écrites individuellement utilisant le pseudonyme collectif:
Pendant la collaboration sous le nom collectif de J.-H. Rosny, il s'est trouvé des oeuvres qui ont été écrites par l'un de nous, tout entières. Nous avons toujours, dans les partages que nous avons faits entre nous, tenu compte de cette propriété, et celui qui avait publié le livre a touché les sommes provenant de sa publication (Pottier, 1996a : 261).
De plus, ils laissent voir qu'il y avait dans l'ensemble d'oeuvres qui sont restées sous le pseudonyme commun encore des textes dont le nom de l'auteur pourrait changer :
Si, dans la suite, l'un des anciens collaborateurs désirait retirer de la signature collective J.-H. Rosny, un des livres écrits entièrement par lui et ci-dessus mentionnés, il ne pourra le faire qu'avec l'approbation de l'autre collaborateur et à titre de réciprocité (Pottier, 1996a : 262).
Cette convention est un atout pour les études sur les oeuvres en collaboration des Rosny car primo, ils y ont déclaré noir sur blanc ne pas avoir été sincères et avoir « trompé » leurs lecteurs figurant deux auteurs au lieu d'un seul9 ; secundo, il n'existe pas de collaboration réelle pour plusieurs oeuvres ; tertio, cette répartition permet d'analyser la production individuelle des frères.
Finalement, l'information que ce document a apportée est devenue la base de notre travail, c'est à partir de la distribution des oeuvres établie dans la convention que nous avons dessiné notre recherche dans les deux bibliothèques consultées : la BNF et la BNE.
4. Objectifs et méthodologie
L'objectif de cette étude était de vérifier si la répartition des titres que les frères Rosny ont accordée est évidente dans les éditions postérieures de leurs oeuvres, ce qui nous permettrait aussi de comparer les travaux des deux frères -seulement d'une manière quantitative- pour vérifier ou dénier les déclarations de Marie Borel et Edmond de Goncourt sur l'inégalité du travail des frères. Pour accomplir cet objectif, nous avons établi la suivante méthodologie de travail : dans un premier temps, nous avons créé un tableau où nous avons introduit chronologiquement les oeuvres publiées en collaboration sous le pseudonyme J.-H. Rosny, autrement dit, celles qui ont été réparties par les frères dans la convention signée en 1935 et publiée par Pottier (1996a)10. Ensuite, nous avons indiqué dans trois colonnes les données relatives à chaque titre : à qui avait été affecté l'oeuvre, qui était l'auteur selon les publications conservées dans la BNF et qui l'était dans la BNE, ainsi que la date de la dernière édition des oeuvres, en français comme en espagnol. L'introduction de la date de publication dans notre tableau d'étude nous permet d'obtenir deux informations importantes. D'abord, la plus évidente, les titres qui n'ont pas été réédités après la convention, c'est-à-dire, après 1935, n'ont pas pu voir modifié ou actualisé le nom de l'auteur. Mais également, les dates des dernières éditions vont montrer s'il y a des textes qui sont publiés de nos jours en France et en Espagne, ce qui constitue une donnée intéressante pour les études de réception de l'oeuvre des frères Rosny.
Évidemment, notre tableau comprend exclusivement les oeuvres écrites pendant les années de collaboration des deux frères, éditées entre 1887 et 1908. L'étude de Pottier (1996c), qui constitue la source de la nôtre, comprend également les textes publiés par Rosny aÎné sous d'autres pseudonymes (Enacryos, Jacques Soldanelle et Henry de Noville) pendant ces années, qui font un total de huit titres, mais nous ne les avons pas introduits dans notre analyse parce qu'ils ne résultent pas d'un hypothétique travail en collaboration. En définitive, notre étude comporte quatre-vingt-deux titres de romans à différentes thématiques, des traductions ainsi que l'adaptation théâtrale de Nell Horn.
Nonobstant, nous avons consulté les données sur Nell Horn (1886) et de La Guerre du feu (1909) même si ces deux oeuvres n'appartiennent pas à la période de collaboration car, pour la première, il y a des registres de la publication sous le pseudonyme commun et, dans le cas de la deuxième, il s'agit de l'oeuvre de Joseph Boex la plus renommée, grâce à laquelle il est considéré comme le créateur du roman préhistorique (Leroy, 2014).
5. Résultats
5.1. Répartition des oeuvres dans la Convention de 1935
Selon ce qui a été établi dans le document signé par les frères Boex en 1935, de ces quatre-vingt-deux textes publiés, trente-huit restent sous le pseudonyme commun, J.-H. Rosny, c'est-à-dire, un peu moins de la moitié, 46,3 % du total. Parmi les oeuvres qui gardent le pseudonyme partagé, se trouvent l'adaptation de Nell Horn au théâtre publiée en 1891, ainsi que trois traductions: Le porteur de sachet de Natesa Sastri (1892), Le grillon du foyer de Charles Dickens (1983) et L'Iliade d'Homère (1895).
Nous présentons dans le Tableau 1 la répartition des oeuvres accordée par les frères en 1935 (Pottier, 1996c). Outre les sigles du pseudonyme commun et les individuels, nous avons ajouté deux cases « Non assigné » et « Interrogation », puisque Pottier (1996c) les classe de cette manière :
À notre avis, la différence des oeuvres attribuées individuellement aux frères est remarquable : Rosny aÎné aurait écrit vingt-sept titres tandis que son frère cadet n'en aurait même pas atteint la moitié d'oeuvres que son frère puisqu'il serait l'auteur de douze. De surcroÎt, seulement six, encore la moitié, sont des oeuvres originales étant donné que les six restantes sont des traductions : Le printemps parfumé (1892), Pablo de Ségovie, el gran tacano [sic] de Quevedo (1902), Le crime de Gramercy Park d'Anna K. Green (1907), Hamlet, Lady Macbeth y Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare (1908).
5.2. Les oeuvres dans la Bibliothèque Nationale de France
En vue d'évaluer si les oeuvres de l'analyse précédente ont été actualisées dans le catalogue de la BNF par le biais des rééditions, nous avons reproduit ce tableau présentant les résultats de notre recherche dans la bibliothèque française. Comme nous l'augurions, il y a des publications dont l'auteur n'a pas été modifié, cela dépend, évidemment, de si celles-ci ont été rééditées après 1935. Par ailleurs, nous avons trouvé des oeuvres qui ont été modifiées, d'où résulte qu'un même titre ait pu présenter deux ou même trois auteurs différents. C'est le cas de Les Xipéhuz, roman publié en 1887 sous le pseudonyme en commun, mais attribué au frère aÎné lors de la convention de 1935. Étant donné que cette oeuvre a été publiée plusieurs fois après la signature de l'accord entre les deux frères - la dernière édition date de 2021 - c'était prévisible de trouver des registres dans la BNF présentant J.-H. Rosny comme auteur mais aussi J.- H. Rosny aÎné. Cependant, ce qui nous a surpris c'est de trouver une édition parue en 2004 qui attribue le texte à Rosny jeune, quand il y a des exemplaires depuis 1906 qui indiquent que l'auteur de l'oeuvre est le frère aÎné, même avant la signature de la convention. Bien qu'il s'agisse du seul cas qui présente cette particularité, il nous montre la confusion existante entre les auteurs et leurs oeuvres.
Dans le Tableau 2 disparaissent les catégories «Non assigné » et « Interrogation », mais nous avons introduit « N'apparaÎt pas » pour les textes que nous n'avons pas trouvé dans le catalogue de la BNF.
L'analyse du Tableau 2 nous permet de vérifier que le nombre des oeuvres qui ont été attribuées exclusivement à la collaboration des frères a augmenté en huit titres en comparaison avec les données présentées dans le Tableau 1, surpassant la moitié des oeuvres analysées. Cela peut être dû à deux causes : soit ces textes ont été publiés une seule fois, soit ils n'ont pas été réédités après la convention. De même, les titres assignés seulement à Rosny aÎné ont été réduits à sept tandis que ceux attribués au frère cadet disparaissent : il n'y a aucune oeuvre publiée signalant exclusivement Séraphin Boex comme auteur sans avoir une version précédente sous le pseudonyme commun.
Les résultats de l'analyse du catalogue de la BNF nous montrent en effet des titres qui ont de différents auteurs puisque les oeuvres étudiées ont été publiées d'abord sous le nom de plume collectif. De ce fait, outre le cas particulier de Les Xipéhus présenté dessus, il y a un seul titre qui, après avoir été attribué au pseudonyme commun, passe à Rosny jeune : Les retours du coeur. Publié d'abord en 1898, la dernière édition de ce roman, effectuée en 1931, indique déjà quatre ans avant la signature de la convention que Rosny jeune est son auteur. Par conséquent, des douze oeuvres écrites par Séraphin Boex, seulement une d'elles a été publiée indiquant le nom de l'auteur réel. La traduction de Le printemps parfumé, qui selon la convention avait été réalisée par le frère cadet, est attribué au frère aÎné ; pour les dix titres qui restent le seul auteur qui apparaÎt dans la BNF est J.-H. Rosny.
Dans le cas de Joseph Boex, les résultats de la BNF nous montrent une situation différente : outre les sept titres publiés directement sous le pseudonyme Rosny aÎné, il faut ajouter dix oeuvres qui, après avoir paru sous le nom de plume collectif, ont été modifiées et publiées avec le nom du frère aÎné. Il faut remarquer que, de ces dix oeuvres, quelques-unes devraient toujours apparaÎtre comme des oeuvres collectives car la convention l'a ainsi établi, mais, à cause de raisons que nous ignorons, elles ne le font pas : c'est le cas de Vamireh, Nymphée, Elem d'Asie, Eyrimah, Nomaï, amours lacustres et La tentatrice. Ces six oeuvres ont été rééditées très récemment, en 2022. En ce qui concerne les sept titres qui ont été directement attribués à Rosny aÎné, l'oeuvre Contes d'amour et de l'aventure (1909), avait été écrite en collaboration par les deux frères, selon ce qui est établi dans la convention même si elle a été publiée une année après leur séparation. En tout cas, ce titre n'a pas été édité postérieurement, ce qui rend impossible la correction.
Dans la liste d'oeuvres écrites pendant la période d'écriture en collaboration des frères Rosny il y a une oeuvre qui apparaÎt deux fois: Bérénice de Judée, qui a été d'abord publiée en 1998 par Jacques Soldanelle, un des pseudonymes alternatifs utilisés par Joseph. Cependant, en 1906 ce roman a été publié à nouveau avec le pseudonyme J.- H. Rosny et attribué plus tard à Joseph dans la convention. Nous n'avons pas considéré la première édition car nous avons omis les oeuvres publiées portant un des pseudonymes individuels du frère aÎné, en revanche, la deuxième fait partie de notre étude puisqu'elle réunit les conditions. Dans la convention ce roman est attribué à Joseph, mais il n'y a pas de registre dans la BNF, l'auteur reste J.-H. Rosny étant donné qu'il n'a pas été publié à nouveau.
5.3. Les oeuvres dans la Biblioteca Nacional de España
L'oeuvre en collaboration des frères Rosny publiée en espagnol est diminuée, comme le montrent les résultats que la BNE nous offre, ce qui d'ailleurs nous indique une réception assez petite de leurs romans. Les quatre-vingt-deux titres de notre tableau original sont réduits à huit seulement, mais quelques-uns présentent plusieurs éditions. Le site web de la BNE indique, à l'égal que celui de la bibliothèque française, la distinction entre les trois pseudonymes. Sous le nom de plume partagé par les frères Rosny nous avons trouvé six oeuvres, une d'elles en français : El doctor Harambur, El crimen del doctor, La calle, La imperiosa bondad, La indómita y L'aiguille d'or. La BNE présente vingt-deux oeuvres de Rosny aÎné, en espagnol mais aussi en français, tandis que nous trouvons seulement un roman signé par Rosny jeune et il n'est pas traduit: La métisse amoureuse. Le Tableau 3 présente ensuite les titres qui respectent les conditions établies pour notre travail, c'est-à-dire, des oeuvres publiées sous le pseudonyme J.-H. Rosny qui ont été écrites pendant la période de collaboration et traduites à l'espagnol. Les titres sont suivis des sigles entre parenthèses de l'auteur indiqué dans le catalogue de la BNE :
Quatre de ces huit titres se trouvaient dans l'ensemble des oeuvres partagées selon la convention: Vamireh, L'impérieuse bonté, L'indomptée et La bataille. Deux titres étaient associés au frère aÎné : Le crime du docteur et La mort de la Terre ; finalement, les deux oeuvres restantes sont des oeuvres du frère cadet : L'aiguille d'or et Le docteur Harambur. Cependant, dans les registres de la BNE nous ne trouvons pas le nom de plume de Séraphin Boex dans ses oeuvres réassignées dans la convention. La traduction de L'aiguille d'or a été publiée en 1956, plus de vingt ans après la signature de la convention, mais, d'après la BNF, la dernière -et première- édition de ce roman date de 1899, c'est la raison pour laquelle le traducteur pourrait ne pas avoir pu connaÎtre qui était le vrai auteur du texte. Les versions en espagnol de La bataille, Vamireh et La mort de la Terre présentent Rosny aÎné comme auteur, alors que les deux premiers textes sont des oeuvres écrites en collaboration. À notre avis, le transfert de Vamireh peut être dû au fait que la BNF l'avait déjà fait avant ; cependant, La bataille a seulement été publiée en France comme une oeuvre des frères Rosny, et elle apparaÎt dans la convention de cette manière. Finalement, La imperiosa bondad, La indómita, La aguja de oro, El crimen del doctor et El doctor Harambur sont des oeuvres qui restent sous le pseudonyme commun, tandis que les deux dernières appartiennent au frère aÎné et au frère cadet respectivement. Au vu de cette analyse, nous pouvons constater que des huit traductions que la BNE a dans son répertoire, seulement deux, La imperiosa bondad et La indómita, présentent l'auteur correct.
Il faut souligner qu'il y a deux titres qui ont été publiés à plusieurs reprises et assez récemment : Vamireh et La muerte de la Tierra, tous les deux attribués à Joseph Boex. Vamireh a été publié trois fois en espagnol, la dernière en 2001 ; La muerte de la Tierra a suscité l'intérêt plus encore puisque, outre les quatre versions qui ont vu le jour en 1950, 1961, 1992 et 2011, une nouvelle traduction, cette fois au galicien, A morte da Terra, a été publiée en 2019.
5.4. La guerre du feu
Finalement, même si La guerre du feu n'appartient pas à la période d'écriture en collaboration des Rosny, à notre avis il s'agit d'une oeuvre qui mérite être présente dans ce travail où nous avons exposé la réception des oeuvres de J.-H. Rosny en raison de la portée de ce roman ainsi que ses nombreuses adaptations. Ce titre a été publié en 1909, une année après la rupture des frères et, selon le catalogue de la BNF, il a été réédité plus de cinquante fois, la dernière en 2022, mais il a aussi des adaptations en BD et au cinéma. Dans la BNE nous trouvons également plusieurs éditions de trois traductions différentes : La conquista del fuego, publiée en 1941, 1947 et 2004 ; La guerra del fuego, parue en 1964, 1991, 1992 et 1995 ; et En busca del fuego, qui a deux éditions, une en 2001 et l'autre en 2004. La première édition comprend aussi El león de las cavernas et Vamireh. Ces données mettent en évidence que l'oeuvre de Rosny aÎné a eu une portée majeure que celle de son frère ainsi que celle de leur production littéraire en collaboration. Ce fait n'est pas exclusivement français, il arrive aussi en Espagne, étant donné le nombre d'oeuvres associées -de manière correcte ou non- à son pseudonyme individuel dans la BNE, qui atteint vingt-deux titres, mais aussi en vue des traductions de La guerre du feu.
6. Discussion des résultats et conclusions
Un des aspects les plus difficiles à éclaircir dans une étude sur l'écriture collaborative est l'analyse de ce travail à quatre mains, autrement dit, de quelle manière deux esprits ou deux styles réussissent à devenir un. Dans le cas de J.-H. Rosny nous avons vu qu'il y a des témoignages -qui pourraient ne pas être très objectifs- indiquant que le frère aÎné, Joseph Boex, aurait été le responsable de la plupart des titres qui comportent l'oeuvre en commun. Cette hypothèse pourrait se soutenir sur la production littéraire abondante et variée de Rosny aÎné ainsi que sur les études que son oeuvre a suscitées par comparaison avec celles de son frère cadet. Cependant, la signature de la convention en 1935 a pu mettre en évidence de manière objective comment ils ont distribué et réalisé le travail. Tout d'abord, dans le document ils ont établi qu'il y avait des oeuvres écrites individuellement mais publiées sous le pseudonyme commun. De la même manière, ce document a indiqué qu'il y avait des oeuvres qui sont restées sous le pseudonyme qui auraient pu être réclamées par leur vrai auteur. Comme nous avons vu un peu plus haut, la distribution des quatre-vingt-deux oeuvres publiées pendant la période d'écriture en collaboration montre que trente-huit d'elles restent sous le pseudonyme partagé - un peu moins de la moitié du total - ; tandis que la convention attribue un nombre important de titres au frère aÎné, vingt-sept, face au frère cadet, qui reste un peu diminué avec seulement douze oeuvres, dont six traductions.
Par ailleurs, l'analyse accomplie de ces quatre-vingt-deux oeuvres dans le catalogue de la BNF nous a permis de montrer que l'information fournie par les frères grâce à la convention n'a pas été toujours introduite dans certaines éditions postérieures à la signature du document. Évidemment, les oeuvres qui n'ont pas été publiées à nouveau après la séparation des auteurs, n'ont pas pu être actualisées indiquant le nom du vrai auteur, ce qui résulte en un ensemble plus grand d'oeuvres en commun, quarante-sept, dépassant la moitié du total. Mais nous avons trouvé aussi des situations qui ne respectent pas ce qui a été établi dans la convention, favorisant en général le frère aÎné. En premier lieu, aucune oeuvre de Rosny jeune n'a été publiée directement sous son nom, c'est-à-dire, sans avoir une version précédente signée par J.-H. Rosny ; pourtant, nous avons trouvé sept titres qui présentent cette particularité, signés par Rosny aÎné, même la traduction de Le printemps parfumé, dont l'auteur aurait été le frère cadet. D'ailleurs, le nombre d'oeuvres dont le nom de l'auteur a été corrigé et actualisé se limite à une dans le cas de Séraphin, Les retours du coeur, tandis que pour Joseph cela est arrivé dix fois, même si six de ces titres devraient rester sous le nom de plume commun.
Comme prévisible, la présence des Rosny dans la BNE est particulièrement inférieure même s'il y a vingt-sept titres, traduits ou en langue originale, dans le catalogue qui présentent le nom Rosny, soit le pseudonyme commun, soit les individuels. Nonobstant, une fois la liste des oeuvres réduite à la période d'écriture collaborative, le nombre de titres traduits devient huit, où Rosny jeune disparaÎt (sa seule présence dans la BNE se limite exclusivement à une oeuvre, en langue originale en plus) et deux de ses romans restent sous le nom partagé avec son frère. En ce qui concerne Joseph Boex, il est à nouveau favorisé puisqu'il est associé à des textes dont les auteurs sont les deux frères selon ce que la convention avait établi.
À notre avis, l'analyse réalisée de la convention nous permet d'affirmer qu'en effet Joseph Boex a écrit plus d'oeuvres pour le projet en commun que son frère. En outre, la moitié des textes attribués à Séraphin dans ce document sont des traductions, ce qui pour certains critiques pourrait réduire encore la valeur créative de son oeuvre. L'étude montre également comment dans les deux bibliothèques consultées la présence du frère cadet se réduit tandis que celle de l'aÎné augmente, ignorant la paternité de l'un et attribuant erronément des titres à l'autre. Nous pensons que cela peut être dû à deux facteurs différents : d'abord, le choix du pseudonyme a pu favoriser le frère aÎné car les initiales J.-H. sont aussi celles de Joseph-Henri-Honoré Boex, ce qui aurait facilité cette identification erronée puisque l'addition des adjectifs aÎné ou jeune ne s'éloignait pas beaucoup du nom de plume original. En deuxième lieu, notre recherche documentaire sur les Rosny a mis en évidence la différente représentation des frères dans leur temps comme dans l'actualité. Joseph Boex a été une figure très visible dans les lettres françaises de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe grâce à sa production littéraire soit avec son frère, soit publiant des oeuvres individuelles avant et en parallèle de la collaboration ainsi que d'autres textes postérieurs à grande renommée comme La guerre du feu. Mais il a été également un auteur connu à un niveau plus théorique, comme le montrent sa participation active dans l'écriture du Manifeste des cinq ou sa longue période comme président de l'Académie Goncourt. En revanche, son frère Séraphin débute dans la littérature par le biais d'un projet en collaboration, inconnu au public auparavant et dont les oeuvres postérieures n'ont pas eu une grande popularité.
Finalement, cette étude présente une limite évidente : la documentation sur Séraphin Boex que nous avons trouvée se réduit au travail collaboratif avec son frère. La faible portée de son oeuvre individuelle ainsi que les données que nous avons consultées nous ont conduit à la conclusion exposée ci-dessus, mais une analyse stylistique en profondeur de la production réalisée par les deux frères pourrait essayer d'éclairer de quelle manière s'est effectué l'écriture des trente-huit oeuvres qui restent en commun selon la convention.
References
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
CASELLA, Georges (1907): J.-H. Rosny. Biographie critique. Paris: E. Sansot et Cie.
DIAZ, Brigitte & Clément HUMMEL [eds.] (2019): J.-H. Rosny aÎné. Elseneur, 34. DOI: https://doi.org/10.4000/elseneur.440
LEROY, Christian (2014): « Le Nord entre reconstruction et souvenir de la Grande Guerre dans Carillons et Sirènes du Nord de J. H. Rosny aÎné (1928) ». Nord 2, 64, 155-169.
POTTIER, Jean-Michel (1996a): « Le dernier manifeste. La convention littéraire de 1935 ». Les Cahiers naturalistes, 42 / 70, 257-263.
POTTIER, Jean-Michel (1996b): « L'ombre du manifeste ». Les Cahiers naturalistes, 42 / 70, 211-221.
POTTIER, Jean-Michel. (1996c): « Reparler de J.-H. Rosny ». Les Cahiers naturalistes, 42 / 70, 181-209.
POTTIER, Jean-Michel. (2011): « J.-H. et Marie Rosny, un journal conjugal ». Genesis, 32, 63- 73. DOI : https://doi.org/10.4000/genesis.459
ROSNY AÎNÉ, J.-H. (1921): Torches et Lumignons. Souvenirs de la vie littéraire. Paris, Éditions La Force Française.
Footnote