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This thesis examines how Italian migrant women shaped Argentina’s industrial heritage between the late nineteenth and the twentieth centuries, not only through paid factory labor but also by transmitting social and cultural values that reconfigured local identities in a transnational setting. It asks how these women contributed to the making of Argentina’s material and intangible industrial heritage and why their roles were long rendered invisible in sources and historiography. Methodologically, the study integrates industrial, social, and gender history with oral history and on-site archival research. It combines macro analysis of censuses with micro reconstructions from factory records, centering two and a half months of fieldwork in Argentina (Buenos Aires, C´ordoba and Luj´an) that recovered personnel files, payrolls, and ledgers rarely used in gendered accounts of industrialization. Two case studies -Algodonera Flandria and F´abrica Argentina de Alpargatas — anchor the analysis of women’s work, life-courses, and community roles within contrasting industrial regimes (paternalist “company town” vs. metropolitan, production-driven stability). Findings demonstrate that Italian women were constitutive actors in Argentina’s industrial modernity. At Flandria, welfare paternalism stabilized families while narrowing long-term factory careers for women; at Alpargatas, workflow needs created negotiated permanence and an archival footprint of sustained female employment, together bracketing the spectrum of possibilities for immigrant women workers. The thesis argues for a gendered view of industrial heritage that includes skills, experiences, activism, and social memory as intangible assets, and it outlines policy avenues (archival preservation, museum narratives, cultural routes) to promote Italo-Argentine women’s legacies today; - Résumé Cette thèse analyse la fac¸on dont les femmes italiennes migrantes ont contribué à façonner le patrimoine industriel de l’Argentine, du XIXe siècle finissant au XXe siècle, non seulement par leur travail salarié en usine, mais aussi par la transmission de valeurs sociales et culturelles qui ont reconfiguré les identité locales dans un cadre transnational. Elle interroge leur apport à la construction d’un patrimoine industriel matériel et immatériel et les raisons de leur invisibilisation dans les sources et l’historiographie. L’approche méthodologique articule histoire industrielle, sociale et du genre avec l’histoire orale et une recherche archivistique in situ. Elle combine des données de recensements à des reconstructions micro-historiques à partir d’archives d’usine, en s’appuyant sur deux mois et demi de travail de terrain à la Argentine (Buenos Aires, Córdoba et Luján) qui ont permis d’exploiter des dossiers de personnel, registres de paie et livres de service rarement mobilisés dans les études genrées de l’industrialisation. Deux études de cas—Algodonera Flandria et Fábrica Argentina de Alpargatas—servent de fil conducteur pour comparer des régimes industriels contrast és (paternalisme de company town vs. stabilité négociée par les exigences de production en contexte métropolitain) et leurs effets sur les parcours f´eminins et la vie communautaire. Les résultats montrent que les femmes italiennes furent des actrices constitutives de la modernité industrielle argentine. à Flandria, le paternalisme social a stabilisé les foyers tout en restreignant les carrières féminines durables à Alpargatas, l’organisation du travail a ouvert une permanence négociée et laissé une empreinte archivistique de l’emploi féminin soutenu—ensemble, ces modèles dessinent le spectre des possibles pour les ouvrières immigrées. La thése plaide pour une conception genrée du patrimoine industriel incluant compétences, expériences, mobilisations et mémoire sociale comme éléments immatériels, et propose des pistes (sauvegarde archivistique, muséographie, itinéraires culturels) pour valoriser aujourd’hui l’héritage des femmes italo-argentines.