Abstract
Cet article se concentre sur les repercussions sur les universités canadiennes des tensions politiques recentes entre le Canada et la Chine et entre le Canada et l'Arabie saoudite. Il pose trois questions : (1) Quels sont les problemes causes par ces tensions politiques pour les initiatives d'éducation internationale des universités canadiennes, et quels problemes sont exclus? (2) Que suggerent ces problemes quant aux approches du Canada en ce qui concerne les initiatives d'éducation internationale å l'époque de la nouvelle géopolitique? (3) Quelles sont les implications sur les relations entre les universités canadiennes et le gouvernement du Canada dans le contexte de la nouvelle géopolitique? Puisque les médias jouent un rôle puissant dans les politiques éducatives, nous avons mené une étude systématique aupres de trois sources médiatiques et retenu 74 articles de journaux et communiqués de presse entre aoÛt 2018 et novembre 2019. Il en ressort trois themes principaux qui illustrent les liens étroits entre la politique mondiale, la politique étrangere du gouvernement et les initiatives d'éducation internationale au sein des universités canadiennes. Il y a deux narratifs concurrents : d'une part, celui selon lequel l'éducation internationale serait une menace pour la sécurité nationale canadienne et d'autre part, celui selon lequel l'éducation internationale contribuerait å la prospérité économique du Canada. Cependant, les médias n'abordent pas la question plus vaste de la maniere dont le Canada devrait revoir ses objectifs et ses approches en matiere d'éducation internationale å la lumiere des grands changements géopolitiques. L'article utilise le cadre théorique du soft power pour discuter des limitations et du manque de vison de l'approche du Canada en ce qui concerne l'éducation internationale comme soft power å l'époque de la nouvelle géopolitique. La conclusion inclut trois recommandations pour le Canada.